Un réseau scolaire à compléter

Rolande Faucher.... (PATRICK WOODBURY, Archives Le Droit)

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Rolande Faucher.

PATRICK WOODBURY, Archives Le Droit

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Rolande Faucher

Ex-membre du Comité encadreur des États généraux sur le postsecondaire en Ontario français

En plus d'être des instruments de recherche et de transmission du savoir, les universités exercent une activité de reproduction sociale créatrice. C'est pourquoi je crois fermement qu'il est normal que tout peuple aspire à se doter d'un tel instrument.

C'est grâce au leadership du Regroupement étudiant franco-ontarien (RÉFO) que le dossier d'une université de langue française en Ontario a refait surface pour une énième fois. Appuyé par l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario et la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne, le RÉFO a lancé la démarche des États généraux sur le postsecondaire en français.

Le fruit est un rapport lancé le 10 février dernier à Toronto. Une demande fut faite au gouvernement de Kathleen Wynne de procéder à la création d'un bureau des gouverneurs transitoire qui devrait mener les études nécessaires à la concrétisation du projet. Il s'agit là d'un travail immense de débroussaillement porteur d'espoir et effectué avec peu de ressources.

Rappelons un peu d'histoire. Au début du siècle dernier, la volonté du gouvernement ontarien a été d'abolir carrément tout enseignement en langue française. Ce n'est qu'en 1968, sous le gouvernement conservateur Robarts, que l'école élémentaire et secondaire de langue française a été prévue dans la loi ontarienne. Mais que de misères pour parvenir à la création d'écoles secondaires à l'échelle de la province durant les années 1970, sous le régime conservateur de Bill Davis!

Ensuite, les énergies ont porté sur l'avènement du secteur collégial: le collège La Cité a été créé pendant le règne libéral de David Peterson, en 1989; le collège Boréal a vu le jour sous le règne néo-démocrate de Bob Rae en 1994.

C'est le dossier de la gestion scolaire qui a connu le plus de soubresauts sous les gouvernements Davis, Peterson et Rae, pour aboutir en 1997 sous le gouvernement conservateur de Mike Harris, à la création de nos12 conseils scolaires de langue française.

Depuis, tous ces gouvernements n'ont pu que se féliciter et reconnaître le succès de ces initiatives. Le niveau de scolarisation au sein de la communauté franco-ontarienne n'a pas cessé d'augmenter, faisant des citoyens francophones des personnes plus aptes à enrichir culturellement et économiquement cette société.

La dernière étape

Le pas qu'il reste à franchir est celui du niveau universitaire. Il s'agit de créer une université de langue française qui offrira un milieu de vie et d'apprentissage modelé sur les autres acquis en éducation, à partir du principe de «par et pour» les francophones. Il s'agit d'obtenir la gouvernance de ce futur établissement universitaire de langue française.

En réfléchissant au «comment faire», on doit se rappeler qu'historiquement, aucun gouvernement provincial n'a fait de cadeaux aux Franco-Ontariens. De plus, aucun parti politique n'a eu le monopole du joueur clé dans cet historique de gains. Nos revendications en vue de la réalisation de ce grand projet doivent donc toucher tout le milieu politique ontarien.

La balle est dans la cour du gouvernement provincial, et la communauté doit lui en tenir rigueur. À nos plumes, à nos portables, à nos revendications, citoyens de l'Ontario français!

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