L'économie du partage

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Benoit Delage

L'auteur est Directeur général du Conseil régional de l'environnement et du développement durable de l'Outaouais

L'auteur est Directeur général du Conseil régional de l'environnement et du développement durable de l'Outaouais

Nos habitudes de consommation changent. De nouveaux modèles de consommation émergent et il est intéressant de constater l'influence de ces changements sur notre environnement.

L'industrie de la musique est un bon exemple de changement de ce paradigme. En 1999, le logiciel d'échanges de fichiers musicaux Napster changeait les règles établies dans l'industrie de la musique. Les gens, peu à peu, ont laissé tomber le disque compact physique au profit de la musique numérique. Aujourd'hui, l'industrie voit même les consommateurs délaisser l'achat en ligne pour la consommation musicale en flux continue. On peut interpréter ce mouvement comme une nouvelle étape vers la désappropriation de la musique. En fin de compte, il y a de moins en moins de CD physiques dans le salon de nos amis. On peut donc associer cette tendance à la réduction à la source.

Au niveau du commerce de détail, des entreprises de petites annonces sur Internet, comme Kijiji, offrent aux gens une option à l'achat du neuf. Ce faisant, Kijiji est devenue le plus grand marché aux puces où l'on trouve tout. Ici, c'est l'exemple parfait de la réutilisation des objets.

Dans le domaine des transports de personnes, de nouveaux modèles d'affaires ont vu le jour et ont le même effet sur leur marché respectif. Encore très controversé, Uber, le service de transport collectif via les téléphones intelligents, est emblématique des changements à venir dans nos modes de transport. En effet, il s'agit d'associer le positionnement géographique et le paiement électronique à l'identité de l'utilisateur d'un téléphone intelligent. L'association de ces trois attributs disponibles sur les téléphones intelligents, c'est la possibilité de faire du covoiturage ou du prêt de voiture de façon efficace.

En 2013, Google a investi 258 millions$ dans Uber. Ce fait n'est pas anodin, car Google vient de terminer les essais du prototype de sa voiture sans conducteur. Or, le potentiel d'une voiture autonome jumelé au marché développé par l'entreprise Uber ouvrirait la voie à une véritable révolution dans les transports, c'est-à-dire des voitures taxis qui circuleraient sans conducteur. L'un des nombreux effets positifs de l'avènement de ces voitures serait qu'elles vont augmenter l'efficacité énergétique par une meilleure gestion des itinéraires, à travers notamment des GPS intégrés, et par conséquent occasionner moins de bouchons de circulation. L'arrivée de ces voitures sur le marché pourrait se faire pour le début de 2020.

Trop beau pour être vrai? D'ores et déjà, si avec nos téléphones intelligents on est capable de faire du covoiturage d'une façon plus efficace et, par la même occasion, diminuer le nombre de véhicules sur les routes, l'environnement et notre portefeuille en ressortiraient gagnants.

Le but n'est pas de faire la promotion d'Uber, il s'agit plutôt de souligner un changement de mentalité au sujet de la voiture solo. Aujourd'hui, publicisée comme l'extension de notre personnalité, l'auto du futur pourrait devenir un simple mode de transport que l'on partage.

Bien sûr, ces changements dans les modes de transport vont faire des gagnants et des perdants. Les différents paliers de gouvernement devront donc s'ajuster pour réglementer ces phénomènes. En effet, les innovations technologiques vont être de plus en plus fréquentes. Nous pouvons toujours essayer de combattre ces changements, il reste que la mise en commun des modes de transport est indispensable. Bref, à partager, on s'enrichit collectivement.

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