Dignité, fin de vie et croyances

 (PHOTO YVES LOGGHE, ARCHIVES AP)

Agrandir

PHOTO YVES LOGGHE, ARCHIVES AP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Sur le même thème

Réjean Bisaillon

Ph.D., théologien

À Mgr Paul-André Durocher,

Il est toujours, voire même, souvent risqué de réagir trop rapidement devant des projets de loi et des décisions des tribunaux. La prudence et la sagesse, vertus cardinales, nous commandent de prendre le temps de bien lire et s'informer avant de porter un jugement.

Je suis en faveur du maintien de la vie et en fidélité avec l'enseignement de l'Église, mais il y a des situations où il est difficile de parler de vie lorsque la personne est affectée, tant au plan physique ou biologique, tant au plan moral ou psychologique, voire au plan spirituel. La vie pleinement humaine exige que la réalité de la personne soit prise dans son ensemble.

Il ne s'agit pas de suivre aveuglément les modes, mais il faut être bien informé des changements que nos sociétés adoptent. Dans l'histoire des sociétés modernes, beaucoup de changements sont devenus possibles et nécessaires et, s'ils n'avaient pas été initiés par des visionnaires, ils ne nous permettraient pas aujourd'hui d'avoir accès à autant de possibilités.

L'autre question que je me permets est non combien de livres vous avez lu sur le sujet, mais combien de personnes avez-vous accompagné en fin de vie? Combien de témoignages avez-vous entendu pour adopter une position aussi rapidement?

La décision de la Cour suprême ne parle pas tant de suicide, mais d'aide à mourir dans la dignité.

En maintenant la criminalisation de l'aide médicale à mourir, la loi a probablement créé davantage de gestes immoraux que sa décriminalisation. Il faut y réfléchir aussi.

Bien qu'en tant que théologien catholique, je m'inquiète pour l'avenir. Les esprits évoluent, les moeurs changent et les sociétés sont invitées à réfléchir à nouveaux frais les lois qui régissent le vivre ensemble.

Enfin, je suis davantage scandalisé par des situations comme l'exclusion, l'itinérance, la pauvreté, l'intimidation, la violence faite aux femmes et aux enfants qu'on fait travailler ou qu'on utilise comme des appâts sexuels, les difficultés vécues par les familles en situation de crises et d'enfants qui font l'objet de pénibles négociations, l'impérialisme qu'exercent certains pays sur les autres pays, etc.

La liste est très longue.

Vous connaissez assurément l'expression: «À trop vouloir regarder l'arbre on oublie la forêt.»

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer