La destruction du réseau de la santé se poursuit

 (PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE)

Agrandir

PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Daniel St-Jean

L'auteur est directeur de Droit-Accès Outaouais

Depuis 1995, année du début de la rationalisation des services en santé, nous avons eu droit à six campagnes électorales, à deux gouvernements péquistes, à quatre gouvernements libéraux, à quatre premiers ministres ainsi qu'à huit ministres de la Santé, dont cinq médecins. Tous ont affirmé détenir la recette pour remettre le réseau de la santé sur pieds.

Or, les uns après les autres, ils ont tous lamentablement failli à la tâche.

Ces gouvernements ont tous fait passer leur programme partisan avant les besoins de la population et ils l'ont tous fait au mépris des droits des usagers des services. Leurs belles réformes ont successivement détruit le coeur de loi sur la santé, multiplié les coupures aveugles et déconnectées, mis à pied 5000 infirmières parmi les plus expérimentées du Québec avant de devoir en engager de plus dispendieuses via des agences privées, détruit les programmes de prévention et de promotion de la santé, planifié des attaques frontales contre les services sociaux, favorisé une médicalisation croissante des problèmes sociaux, développé l'hospitalocentrisme, protégé le pouvoir médical fantôme, mal planifié la formation des médecins, accordé une augmentation injustifiable de 35% à la rémunération des médecins, imposé unilatéralement une réduction et un minutage des interventions psychosociales et de santé, favorisé le transfert des listes d'attente du réseau vers des organismes communautaires sous financés, provoqué des attentes aux urgences, renié l'engagement gouvernemental d'améliorer le financement des organismes communautaires et privé la population de tout pouvoir démocratique régional sur leurs services de santé.

Après 20 ans de recettes miracles électorales, notre réseau va plus mal et coûte plus cher qu'avant sa première réforme.

Nous en concluons donc que, de deux choses l'une: nos élus sont incompétents ou impuissants face à ce problème ou; nos élus poursuivent un objectif bien différent que celui qu'il nous promette d'atteindre.

Dans les deux cas, c'est inacceptable, dans les deux cas nous sommes tous perdants et dans les deux cas cela doit cesser, dès cette année, via une réflexion publique, totalement transparente et débarrassée de ses lobbies, de son corporatisme, de ses chasses gardées et de ses guerres d'ego érigées en système.

Les réformes actuellement proposées ne sont que la continuité de ce travail de destruction entrepris par leurs prédécesseurs et nous ne leur accordons aucune confiance. Les projets de loi 10 et 20 ne vont que perpétuer les préoccupations structurelles des gestionnaires pendant que les véritables maux qui affligent déjà grièvement la qualité des services publics de santé vont continuer de se multiplier et de s'incruster dans des pratiques déjà en dérives.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer