Tenir compte des minoritaires

L'auteur est commissaire aux langues officielles (PHOTO PATRICK WOODBURY, ARCHIVES LEDROIT)

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Graham Fraser

L'auteur est commissaire aux langues officielles

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J'ai lu avec intérêt l'éditorial «Insultant» par Pierre Jury (LeDroit, 20 janvier), qui estime que mes commentaires sur la situation de la communauté anglophone du Québec sont «insultants» et «frustrants» et que j'ai «tapé sur les doigts du gouvernement du Québec».

Permettez-moi de remettre en contexte les conversations intéressantes que j'ai eu l'occasion d'avoir avec des membres du gouvernement du Québec et leurs prédécesseurs. J'ai également eu des conversations semblables avec des membres de tous les gouvernements provinciaux et territoriaux au Canada.

L'objectif de mes interventions n'est ni de taper sur les doigts de quiconque, ni d'insulter qui que ce soit. D'ailleurs, mes interventions sont bien accueillies par les gens à qui elles s'adressent.

Chaque province, à l'exception du Québec, a un ministre responsable des Affaires francophones. Évidemment, les engagements de ces provinces envers leurs minorités varient; notre pays est très asymétrique en ce qui touche les services offerts dans la langue de la minorité. Les besoins quant aux services en français sont évidents dans toutes les régions du pays.

Il est vrai qu'au Québec des hôpitaux, des universités et des commissions scolaires servent les communautés anglophones. Mais ces institutions ont été construites par les communautés, dans bien des cas il y a deux siècles, avant même la formation d'une fonction publique moderne. Souvent, elles ne leur appartiennent plus; elles sont des institutions québécoises qui peuvent, ou qui doivent, offrir des services en anglais.

Différence de sort

Soyons précis. Il y a une grande différence entre la situation des anglophones sur l'île de Montréal, où leur concentration est forte, et celle des 300 000 anglophones ailleurs au Québec. Par exemple, la situation d'un anglophone vivant à Sherbrooke ou à Québec, ou encore à Gaspé, différera grandement de celle qui prévaut à Beaconsfield, à la Baie d'Urfé ou même à Aylmer.

En outre, il faut reconnaître que les aînés anglophones sont confrontés à des problèmes particuliers.

Les discussions entourant le projet de loi 10 se poursuivent. J'espère que leur dénouement reflétera le lien étroit et important que les institutions de santé entretiennent avec les communautés afin qu'elles continuent d'appuyer ces dernières et d'y investir. La tradition de participation communautaire bien ancrée chez les anglophones doit être préservée.

Je ne critique personne en tenant ces propos; je cherche à établir des faits. Par exemple, un secrétariat ou un bureau chargé de compiler les réalités des communautés minoritaires et d'évaluer comment celles-ci sont touchées par les politiques gouvernementales permettrait de brosser un portrait plus complet de la situation.

Comme les gouvernements provinciaux ailleurs au pays l'ont constaté, se doter de mécanismes leur permettant de se tenir bien au fait de l'ensemble de leur communauté linguistique minoritaire s'avère utile.

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