Charlie Hebdoe : le débat continue

Les copies du Charlie Hebdo se sont envolées... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Les copies du Charlie Hebdo se sont envolées rapidement dans la région d'Ottawa-Gatineau.

Patrick Woodbury, LeDroit

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Le Droit

La censure

Aux imams Ahmed Limame et Sikander Hashmi,

Félicitations d'avoir pris la parole («La saga Charlie Hebdo vue par deux imams», LeDroit, 16 janvier). Trop souvent, les dirigeants musulmans se sont faits plus que discrets quand il s'agissait de dénoncer les actes de barbaries commis par des gens qui se disent de croyance musulmane. 

Vous soulevez d'excellentes questions sur le rôle des médias. Auraient-ils dû publier les caricatures du prophète au lendemain de la tragédie? Vous proposez en fait le silence face à cette violence insensée. Je crois au contraire que les citoyens doivent voir ce qui a causé la mort. Et à chacun de déterminer si ces dessins méritent un tel déferlement de haine. Car si les médias se censurent, qui déterminera la ligne à partir de laquelle ils pourront s'exprimer plus tard? Le nombre de morts dans la prochaine tuerie? Si, par leur violence, des tueurs font taire les citoyens, qui osera parler ensuite? La question que chacun doit se poser est: peut-on tuer au nom de Dieu? Si la réponse est non, comment dénoncer de tels actes? Et qui le fera?

Marc Gauthier, Gatineau

Le sens de la violence?

Les imams Ahmed Limane et Sikander Hashmi affirment qu'ils cherchent à donner un sens à la violence autour de l'attaque de Charlie Hebdo. Ils n'ont pas à chercher, il n'y en a aucun. Ils ont cependant l'air de chercher une cause. Et leur longue lettre affirme que la justification se trouve dans la reproduction des caricatures de Mahomet dont les médias francophones sont surtout responsables. Donc à leur, rien n'appuie la liberté d'expression dont ils jouissent pourtant eux-mêmes en écrivant cette lettre dans cette société où ils vivent et prêchent. Nous ne nous laisserons pas dicter ce qui doit être dit, écrit ni même dessiné. Car «Je suis Charlie».

Réjean Piché, Gatineau   

Offensés?

Aux imams Limame et Hashmi,

Vous invoquez presque une obligation morale de ne pas publier les caricatures car elles infligent « ainsi une douleur inutile à des millions de musulmans » puisque ceux-ci « chérissent en particulier le Prophète Mahomet (que la paix soit avec lui et sur eux tous) même plus que leurs parents »...

En usant de ce critère, on ne devrait pas caricaturer Jésus, tant aimé et même adoré des chrétiens, de même que la Vierge Marie. Ajoutons Moïse et Abraham, par équité. Et pourquoi pas tout personnage respecté par un peuple: le pape, Gandhi, René Lévesque et autres?

Par voie de conséquence, qui nous fera voir que « le roi est nu »? Qui mettra à défi nos croyances? 

Je comprends que vous soyez offensés. Je trouve, par ailleurs, beaucoup plus offensant qu'on se réclame du Prophète pour s'entretuer allègrement entre sunnites et chiites. Votre discours à moralité feutrée porte le danger d'encourager la répression - non seulement de la liberté d'expression - mais éventuellement des valeurs fondamentales du pays dont vous êtes, comme moi, citoyens.

Guy Jean, Gatineau

 

 

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