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Pierre de Blois... (Archives, LeDroit)

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Pierre de Blois

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Pierre de Blois

L'auteur est ex-membre du Bureau des gouverneurs de l'Université d'Ottawa

La lettre de Benoit Jolicoeur («Pour l'essor du français, l'U d'O ne suffit pas», LeDroit, 11 novembre) concernant l'université francophone inquiète car, comme c'est souvent le cas dans les dossiers de la francophonie, on n'invite ni le débat, ni la discussion et surtout pas les opinions divergentes. Ce qu'il faut à l'Ontario français pour qu'il connaisse un «véritable essor» est un débat ouvert et respectueux sur les enjeux auquel il fait face.

Il qualifie ceux qui ne souscrivent pas à sa vision des «détracteurs». La ministre Madeleine Meilleur doit être du lot car elle suggère qu'améliorer l'offre postsecondaire pour les francophones du centre-sud ouest de l'Ontario est plus urgent que de s'attaquer aux régions de l'est et du nord qui ont des institutions fortes et bien en place. Elle a bien raison.

M. Jolicoeur soulève la présence des «détracteurs» dans les anciennes luttes pour les conseils de langues française, pour La Cité collégiale, pour la sauvegarde de l'Hôpital Montfort et pour la création de TFO. J'étais aux premières loges de tous ces débats et je puis l'assurer qu'il y a eu débat dans la francophonie d'abord, il y a eu recherche de consensus, divergence d'opinions et à la suite de cela, la communauté s'est ralliée.

Donc, pour relancer ce «débat» sur la bonne voie, j'ai vérifié si son argument concernant nos «exilés» était solide.

Il avance que plusieurs Franco-Ontariens étudient ailleurs faute de cours en français ici. Il est vrai que nos deux grandes universités n'offrent pas tous les cours dans toutes les disciplines en français. Mais il n'est pas réaliste de croire qu'une nouvelle université franco-ontarienne offrirait tout ce qui est offert maintenant et plus. Quant au nombre d'«exilés», le ministère de l'Éducation estime difficile de savoir combien des 5023 diplômés d'écoles secondaires francophones (en 2012-2013) ont étudié ailleurs qu'en Ontario dans des institutions francophones.

De ces 5023 diplômés, près de 3750 (63%) sont inscrits au post-secondaire en Ontario: 1066 à l'Université d 'Ottawa, 772 à La Cité collégiale, 260 à l'Université Laurentienne et 314 au Collège Boréal. Il y en a 75 à Guelph/Alfred, 182 à l'Université Saint-Paul, 367 au Collège Glendon et 33 au Collège Dominicain.

De ces 3750, 460 francophones choisissent une institution anglophone, une proportion de 12,5%. Il reste un autre 5$ environ, qui correspond donc au nombre d'«exilés» à du postsecondaire hors de l'Ontario.

L'objectif devrait être de 100%. Pourquoi 153 diplômés choisissent Algonquin College, et 95 Cambrian à Sudbury?

À la maîtrise et au doctorat, l'Université d'Ottawa a 1619 étudiants francophones dont 713 francophones, 797 du Québec, 109 d'ailleurs au Canada et 132 de l'étranger. Ces chiffres suggèrent que l'argument des «exilés» ne tient vraiment pas.

Il me semble qu'il y a des débats plus troublants et pressants que celui de la création d'une université franco-ontarienne: le nombre de parents du primaire qui envoient leurs enfants à des écoles secondaires anglophones; le pourcentage de diplômés franco-ontariens qui choisissent le postsecondaire anglophone; l'importante proportion de nos élèves francophones qui cessent leurs études après le second aire; les difficultés en français des d'étudiants francophones du post-secondaire. Voilà des questions auxquelles il faudrait s'attarder d'abord et avec urgence.

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