L'élection de Michaëlle Jean à l'OIF, une source de renouveau

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Allan Rock

Recteur de l'Université d'Ottawa

L'élection de Michaëlle Jean à la tête de l'Organisation internationale de la francophonie (OIF) constitue sans contredit une réalisation hors du commun pour notre ancienne gouverneur générale. Comme recteur de l'Université d'Ottawa, je suis particulièrement ravi de voir notre chancelière accéder à de telles fonctions.

Ses qualités personnelles exceptionnelles en font la candidate tout indiquée pour prendre les rênes de l'OIF alors que celle-ci sera confrontée à d'importants défis.

Malgré les critiques, la Francophonie demeure un joueur clé sur l'échiquier mondial. Ses 57 pays membres, jumelés aux 20 pays au statut d'observateur, rassemblent plus de 375 millions de francophones vivant sur quatre continents. Sous l'égide discret mais combien efficace du secrétaire sortant Abdou Diouf, l'OIF a su jouer un rôle crucial dans la résolution de nombreux conflits au cours des 10 dernières années. Sa diplomatie active aura permis de dénouer plusieurs impasses qui autrement auraient facilement pu dégénérer. Mme Jean possède les qualités et le talent pour perpétuer l'héritage d'Abdou Diouf et positionner l'OIF comme un interlocuteur, voire un médiateur, incontournable dans certaines circonstances.

Trois dossiers requerront son attention immédiate. D'abord, la promotion de la bonne gouvernance, de même que la promotion des droits de la personne au sein des états membres, constitue un enjeu de premier plan. Les talents de persuasion et la persévérance de Mme Jean y seront essentiels.

Le second enjeu est le développement économique. L'OIF peut et doit devenir un levier pour favoriser l'essor économique de ses états membres, en particulier ceux d'Afrique. Mme Jean a maintes fois clamé que tout développement économique doit s'appuyer sur trois éléments fondamentaux: un meilleur accès à l'éducation, l'amélioration des infrastructures et l'ouverture et la libéralisation des marchés. La Francophonie peut influer positivement et de façon constructive sur l'atteinte de ces objectifs.

Pour l'éducation, le rôle de Mme Jean comme chancelière de l'Université d'Ottawa l'aura bien préparée. Son séjour sur notre campus l'a sensibilisée aux nouvelles réalités auxquelles est confrontée notre jeunesse, plus ouverte sur le monde que jamais. De plus, elle saura, j'en suis convaincu, promouvoir l'importance de l'enseignement postsecondaire en français. Inversement, je suis confiant qu'elle mettra à profit l'expertise et l'influence de l'OIF pour vanter la contribution des universités comme l'Université d'Ottawa non seulement à l'avancement de la francophonie mais aussi au développement des leaders de demain.

Énergie et optimisme

Finalement, il y a le sort des femmes. Leur exclusion systémique des positions de pouvoir ainsi que les effets dévastateurs de la violence et les abus faits aux femmes ne doivent plus être tolérés. Sa nomination constitue un message significatif démontrant que l'OIF est prête à s'attaquer aux racines de fléau. Mme Jean a devant elle une occasion unique de marquer une cassure avec ce passé malheureux et présider un renouveau.

Le Sommet de Dakar a insufflé une énergie et un optimisme tangibles. L'avènement de Michaëlle Jean comme secrétaire générale en est le fruit. Comme Canadiens et membres de l'OIF, unissons nos voix pour célébrer cette importante réalisation et souhaitons-lui le meilleur des succès dans l'accomplissement de cette difficile tâche qui sera la sienne pour les prochaines années.

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