Favoriser l'accès à une hormonothérapie bioidentique

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Sur le même thème

Dre Sylvie Demers, MD Ph. D

L'auteure est Médecin de famille, docteure en médecine expérimentale (génétique moléculaire)

À Philippe Couillard,

J'ai traité des milliers de femmes (et d'hommes) pour des problématiques reliées aux hormones sexuelles. Je vous exhorte à intervenir auprès du Conseil du médicament de la Régie de l'assurance-maladie du Québec pour que les femmes puissent avoir accès sans restriction à une hormonothérapie féminine plus bénéfique et sécuritaire, soit une hormonothérapie bioidentique (c'est-à-dire composée d'hormones identiques à celles produites par les humains). Ce n'est pas le cas actuellement.

Les hormones féminines sont un sujet méconnu, souvent méprisé, voire ridiculisé, malgré qu'il soit d'une importance capitale dans le bien-être et la santé des femmes. On véhicule encore trop souvent l'idée qu'elles sont responsables de plusieurs maladies incluant des cancers. Cette vision misogyne de la féminité est heureusement démentie par la science, et j'ajouterais, le gros bon sens.

Les estrogènes, dont les rôles bénéfiques s'exercent à peu près partout, sont principalement responsables de la plus grande longévité des femmes. Par exemple, la cause primaire de l'ostéoporose est la chute du taux d'estrogènes, entraînant une sortie chronique du calcium des os. La prise de vitamine D et de calcium n'y changera rien.

Comprendre les rôles fondamentaux des hormones féminines permet de saisir l'importance d'avoir la meilleure hormonothérapie possible et d'encourager les recherches dans ce but.

De meilleurs résultats

Débutée avant 60 ans, l'hormonothérapie diminue la mortalité de 39%. Nous pourrions obtenir de bien meilleurs résultats, avec une diminution significative des coûts sociaux, en utilisant les bonnes hormones (estradiol-17ß transdermique et progestérone), au bon moment (dès la préménopause) et au bon dosage, au lieu d'une hormonothérapie contenant des substances étrangères au corps féminin et prescrite de manière empirique sans vraiment comprendre, comme on le fait encore trop souvent.

Malheureusement, les hormones féminines bioidentiques sont considérées comme des médicaments d'exception, remboursées par la RAMQ uniquement aux femmes présentant certaines contre-indications aux médicaments couverts sans restriction.

Le hic, c'est que tous les médicaments couverts sans restriction en hormonothérapie féminine présentent des risques pour la santé des femmes. Cela est aberrant et choquant. Seuls les estrogènes pris par voie orale sont couverts sans restriction. Pourtant, il est démontré scientifiquement qu'ils font tous augmenter le risque thromboembolique veineux et artériel (AVC). Pas l'estradiol-17ß transdermique.

L'artificielle acétate de médroxyprogestérone (Provera) est couverte sans restriction (et non la progestérone) malgré qu'elle soit responsable de la grande majorité des effets nocifs de l'hormonothérapie. Elle augmente notamment le risque de cancer du sein et du poumon, le risque de maladies cardiovasculaires, et a des effets délétères sur le système nerveux.

Dans l'intérêt supérieur des Québécoises, qui passent en moyenne la moitié de leur vie en préménopause-ménopause, je vous exhorte à recommander au Conseil du médicament de couvrir sans restriction l'hormonothérapie féminine bioidentique au lieu d'une hormonothérapie risquée et non respectueuse envers les femmes. Ce serait déjà un premier pas. Le statu quo est contraire à toute éthique médicale.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer