Pour l'essor du français, l'Ud'O ne suffit pas

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Benoît Jolicoeur

Étudiant, Université d'Ottawa

Au cours du dernier mois, le recteur de l'Université d'Ottawa, Allan Rock, et la ministre déléguée aux Affaires francophones, Madeleine Meilleur, ont tous les deux déclaré que l'Université d'Ottawa est l'université des Franco-Ontariens. M. Rock s'oppose à la création d'une université de langue française en Ontario en supposant que l'Université d'Ottawa, institution bilingue, est suffisante.

Mme Meilleur est favorable à une université offrant des cours en français dans le centre sud-ouest de l'Ontario, mais pas à Ottawa.

L'Université d'Ottawa est loin d'être l'El Dorado qu'elle prétend être. Si elle a la plus grande offre de programmes en français dans la province, plusieurs s'exilent malgré tout afin de poursuivre leurs études ailleurs.

Au plan administratif, il y a une forte carence de cours offerts en français. Rares sont les diplômés francophones qui n'ont pas été contraints de suivre un cours en anglais.

Si l'Ud'O est un phare de l'éducation postsecondaire en français, c'est en raison de ses professeurs qui se battent contre la suppression de cours en français.

Au plan identitaire, les francophones sont marginalisés dans les espaces publics et décisionnels. La vie étudiante se voit rapidement anglicisée et il y a enracinement de l'anglais dans la culture francophone de sorte que son identité est reléguée à une identité bilingue.

Au plan de la gouvernance, l'université est loin d'être «par et pour» les francophones. La francophonie est reléguée à la rentabilité.

Bien qu'il y ait un besoin criant d'éducation postsecondaire en français dans le centre sud-ouest, n'oublions pas les francophones d'Ottawa et ses exilés qui réclament eux aussi une complétude institutionnelle dans la région.

Lorsqu'il est question de créer ou de préserver une institution en Ontario français, il y aura toujours ceux qui diront que les institutions bilingues suffisent. On l'a vu pendant le Règlement 17, pendant le combat pour les écoles secondaires, pendant les manifestations pour la gestion scolaire, pendant la lutte pour les collèges, pendant SOS Montfort et pendant le questionnement sur l'autonomie de TFO. Ces événements n'ont pas échoué en raison de détracteurs. Le rêve de parachever notre système d'éducation ne doit pas céder aux arguments défavorables. Ça fait près d'un demi-siècle qu'on en parle, il est temps de se donner une université qui respire qui nous sommes.

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