Pour aller au-delà du mépris

À Gilles Paquet, (PHOTO PATRICK WOODBURY, ARCHIVES LEDROIT)

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John Trent

L'auteur est professeur depuis 1971, chercheur au Centre d'études sur la Gouvernance à l'Université d'Ottawa

À Gilles Paquet,

Dans votre article «Bilinguisme officiel pour Ottawa? Non, et voilà pourquoi!», vous vous attaquez aux Franco-Ontariens qui appuient la cause du bilinguisme officiel à Ottawa. Vous prétendez que c'est «un petit groupe de citoyens». Vous vous trompez. Ce «petit groupe» a été appuyé par plusieurs organisations. Ces appuis dépassent largement l'Ontario. Ce n'est pas une petite affaire!

Vous dites que le bilinguisme officiel imposera «un carcan juridique» sur la ville auquel vous vous opposez. De la même façon, on doit présumer que vous vous opposez à la Constitution canadienne et à la Charte de droits et libertés. Pourquoi parlez-vous d'un «carcan» plutôt que d'un simple «cadre» juridique? Je préfère de loin la position de l'ex-juge à la Cour suprême, Michel Bastarache, à l'effet que les droits des minorités doivent toujours être enchâssés dans des lois.

Vous prétendez que mes huit raisons pour l'égalité linguistique à Ottawa ne se fondent sur aucun test de la réalité et que mes idées ne reposent que sur la fierté et l'honneur. Si je parle de la fierté, ce n'est pas seulement pour les francophones mais pour tous les Canadiens qui pourront finalement s'identifier à une capitale nationale qui reflète l'identité linguistique et culturelle de leur pays. Il me semble que ce sera un geste honorable.

Voeux et insultes

Vous montez en toutes pièces une image mirobolante d'une région de la capitale nationale comme un modèle pour le Canada. S'il faut comparer des «voeux pieux», je préfère le mien. Il me semble que si la communauté anglophone se montrait assez accommodante pour accepter un régime bilingue à Ottawa ce geste pourrait servir d'exemple pour les autres villes de la région de la capitale nationale.

Ensuite, faisons un répertoire des insultes injurieuses que vous avez lancées à «la gentilité franco-ontarienne» et les leaders des projets Montfort et du bilinguisme officiel. Les leaders franco-ontariens sont «des ayatollahs», des «mousquetaires», des «croisés». Le mouvement pour le bilinguisme officiel «nage en plein délire», «fabule» avec ses «dogmes» et ses «incantations délirantes». Les solutions sont «simples», «pétrifiantes», l'information relève de la «démagogie», l'opinion publique est «manufacturée».

Pourquoi proférer cette avalanche d'invectives? Est-ce parce que vous avez été profondément blessé par les attaques subies à la suite de ses positions dans l'affaire Montfort? Ces erreurs et ces insultes ne sont pas à la hauteur d'un des intellectuels les plus renommés du pays. Votre texte n'est pas du tout un texte professionnel d'un universitaire. Dans vos conclusions, vous proposez qu'il y ait nul besoin que ce débat se fasse dans le mépris. Là nous sommes d'accord.

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