Désengagement de la France au Canada

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Le président français François Hollande et le premier ministre canadien Stephen Harper, lors d'un point de presse hier à Ottawa.

La Presse Canadienne

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Philippe Armengau

L'auteur est conseiller consulaire français élu, Circonscription de l'Ontario et du Manitoba

La visite du président François Hollande au Canada s'inscrit, malheureusement, dans un constat de désengagement diplomatique, consulaire et historique de la France au Canada.

À Calgary, il trouve un Consulat d'influence fermé en novembre 2013, deux ans seulement après son ouverture. Mauvaise planification ou manque de moyens ! Ce consulat avait été souhaité par l'un des plus brillants et clairvoyants diplomates français, François Delattre, ancien ambassadeur de France à Ottawa et à Washington qui vient d'être nommé Représentant permanent de la France auprès de l'Organisation des Nations unies.

À Ottawa, ses compatriotes lui demandent pourquoi la France n'a pas rouvert son antenne consulaire obligeant les Français de la région de la Capitale nationale à Ottawa à se rendre à Toronto ou Montréal pour une inscription à l'État civil ou obtenir un passeport français. Dans la foulée, le Président apprend que la résidence du Ministre conseiller (numéro2) de l'Ambassade a elle aussi été cédée.

À Québec, la vente du Consul général de France dans un bâtiment historique est quasiment officialisée, et l'espace France, lieu de rencontre, d'information et de promotion de la culture française, mitoyen à la résidence de France, a été rasé.

À Montréal, la résidence du Conseiller économique et commercial a été vendue. Et même si le Président ne se déplacera pas jusqu'à Vancouver, il apprendra que l'administration française s'est séparée de sa résidence consulaire. La mauvaise gestion immobilière à long terme tant à Toronto qu'à Montréal amène un gaspillage de fonds publics en payant des loyers exorbitants pour nos consulats qui sont en pures pertes et qui se chiffrent à plusieurs millions de dollars.

Immobilier délaissé

Nous assistons depuis des années à un désengagement immobilier de la France. À Montréal, on lui évitera de rencontrer la communauté française à l'Union Nationale Française, rue Viger, bâtiment de style haussmannien, tant cet édifice est dans un état de décrépitude avancé.

Dans le cadre de cette visite qui s'inscrit dans une logique de désengagement historique de la France au Canada, ironie du sort, Ottawa annonce, à la veille même de la visite du Président Hollande, une mesure à forte valeur symbolique : le pont Champlain sera rebaptisé du nom du joueur de hockey Maurice Richard. C'est un véritable camouflet pour la France. Et l'expression, aussi, d'un révisionnisme historique.

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