Le temps du sommet sur l'éducation post-secondaire

Denis Vaillancourt.... (Simon Séguin-Bertrand, Archives Le Droit)

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Denis Vaillancourt

L'auteur est président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario

En fin de semaine se tiendra le Sommet provincial des États généraux sur le postsecondaire en Ontario français. Après six consultations régionales et quatre consultations jeunesses à l'automne 2013, le temps est venu de nous pencher sur la dernière phase de ce grand chantier.

Du 3 au 5 octobre, la communauté franco-ontarienne est invitée à Toronto à un exercice aussi passionnant que décisif. Après des décennies de réflexion, nous allons enfin pouvoir nous prononcer sur l'avenir de l'éducation postsecondaire en français en Ontario et sur la gouvernance par et pour les francophones que nous voulons privilégier pour parvenir à la complétude institutionnelle.

Après avoir obtenu ses conseils scolaires de langue française en 1998, fier de ses deux collèges, il paraît désormais normal pour l'Ontario français d'offrir la possibilité aux membres de sa communauté de suivre toute leur éducation en français, de la première à la dernière année, dans des institutions de langue française que nous gouvernons. Cet enjeu est essentiel pour assurer l'épanouissement, la pérennité et le rayonnement de la communauté franco-ontarienne.

L'éducation, une locomotive

Le domaine de l'éducation a toujours été la locomotive du développement de l'Ontario français; c'est par lui que nous parvenons à sensibiliser les jeunes générations à la fierté de parler encore français en Ontario, aujourd'hui, quatre siècles après que la langue de Champlain y ait été importée.

Aujourd'hui, l'Ontario compte la plus importante population francophone d'Amérique du Nord à l'extérieur du Québec. Son bassin est plus que suffisant pour justifier la création d'une ou de plusieurs universités francophones autonomes. Les francophones de la Nouvelle-Écosse, du Nouveau-Brunswick et du Manitoba ont accès à de tels établissements, avec moins de la moitié du nombre de francophones vivant en Ontario. Les anglophones du Québec possèdent quant à eux trois universités sous leur gouverne.

Au-delà de réfléchir à la création d'une université franco-ontarienne, ce sommet doit aussi nous permettre de nous interroger sur le type de gouvernance par et pour les francophones que nous voulons. Cette question a été plusieurs fois abordée lors des consultations régionales. Si les Franco-Ontariens possèdent déjà une gouvernance autonome de leurs conseils scolaires et de leurs collèges communautaires, la décision unilatérale de l'Université de Guelph, en mars 2014, de supprimer les programmes d'études en français offerts au Collège d'Alfred d'ici à la fin de l'année 2015, nous a rappelé que la gouvernance peut s'avérer également nécessaire pour protéger nos programmes postsecondaires en français.

Comment y parvenir?

Gérer notre financement, nos activités académiques, notre administration, nos infrastructures et notre milieu de vie universitaire... C'est là où se situe la question de la gouvernance à laquelle il nous faut réfléchir. En résumé, ce que nous devons décider, c'est de savoir qu'est-ce que nous voulons gérer exactement, comment nous voulons le faire et comment y parvenir?

Gérée par et pour les Franco-Ontariens, l'éducation postsecondaire en français ne serait alors plus soumise au bon vouloir de certaines institutions qui ne comprennent ni ne tiennent compte des besoins de l'Ontario français. Ainsi, nous pourrions assurer une éducation en français pertinente, de qualité et accessible selon les besoins de notre communauté, permettant ainsi aux étudiants de choisir, sans être pénalisés, de poursuivre leurs études en français.

Cette gestion universitaire est, enfin, une conséquence logique qui découle du droit constitutionnel à l'éducation en langue française au primaire et au secondaire et qui soutient la dualité linguistique de notre province et de notre pays.

En tant qu'organisme porte-parole et voix politique des 611500 Franco-Ontariennes et Franco-Ontariens, L'Assemblée s'est prononcée à plusieurs reprises pour que le ministère de la Formation et des Collèges et Universités poursuive un cheminement afin de parvenir à une gouvernance universitaire accrue par et pour les Franco-Ontariens. Aujourd'hui, il est temps que toute la communauté réfléchisse à son avenir, qui passe indubitablement par l'éducation.

C'est la raison pour laquelle, au nom de L'Assemblée et de ses partenaires, le Regroupement étudiant franco-ontarien (RÉFO) et la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO), je vous invite à vous joindre à nous à Toronto.

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