La nécessité de faire un virage

Lors de leur dernière rencontre, les premiers ministres des provinces... (Photothèque Le Soleil)

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Jean-Pierre Aubry

Économiste et fellow associé au CIRANO

Lors de leur dernière rencontre, les premiers ministres des provinces canadiennes ont demandé au gouvernement fédéral de les assister financièrement dans les prochaines décennies beaucoup plus qu'il ne le fait présentement.

Pour supporter cette demande, ils ont d'abord produit une projection à long terme qui démontre qu'en utilisant la structure fiscale et budgétaire actuelle, l'ensemble des provinces auront un déficit total de plus en plus grand alors que le gouvernement fédéral se dirigera vers des surplus de plus en plus importants. Il y a deux ans, le Directeur parlementaire du budget en était venu à cette conclusion avec la même méthodologie. Et il y a près d'un an, Ottawa présentait une projection où son solde budgétaire se dirigeait vers des surplus de plus en plus grands.

De telles projections ne se réaliseront pas parce qu'il y aura des mesures prises par nos gouvernements pour se rapprocher de l'équilibre budgétaire. Ainsi, les grands déficits seront réduits par un meilleur contrôle des dépenses et par des hausses de taxes, impôts ou tarifs. Les grands surplus seront réduits par des baisses d'impôts et de taxes. De plus, si le gouvernement fédéral laisse plus de place dans l'assiette fiscale, il sera plus facile aux provinces d'accroître la leur, comme cela s'est fait ces dernières années (baisse de la TPS et hausse de plusieurs taxes de vente provinciales).

Même si de telles projections ne se réalisent pas, elles sont utiles pour indiquer aux gouvernements et aux contribuables que des changements importants doivent être faits et que plus on attendra, plus il sera difficile de les faire.

Selon les projections venant de diverses sources fiables, plusieurs provinces feront face à des problèmes budgétaires importants à long terme. Ces problèmes structurels ne sont en aucune façon des problèmes à court terme ou des problèmes cycliques. Le Québec ne fait pas exception. Bien au contraire, avec un vieillissement accéléré de sa population et avec des difficultés dans de nombreux secteurs, son problème structurel est important.

La meilleure façon pour le gouvernement du Québec de convaincre sa population de l'existence et de la taille de ce problème structurel est d'abord de publier une projection à long terme crédible qui démontrerait qu'en maintenant la présente structure fiscale et budgétaire, le déficit du Québec sera de plus en plus grand. Le Québec doit suivre la même stratégie de communication que le Conseil de la fédération en publiant une telle projection. Celle-ci permettrait aux citoyens de voir l'ampleur de la tâche à accomplir et le besoin de mettre en place des mesures pour résorber ce problème. On a besoin d'une stratégie à long terme pour solutionner des problèmes de long terme.

Cette approche est à mille lieux de la stratégie qui consiste à faire feu de tous les côtés et à lancer des ballons d'essai sur de très nombreuses mesures que Québec pourrait possiblement prendre pour recouvrer l'équilibre budgétaire d'ici 2016.

Avec une telle stratégie à court terme, il est fort possible que cet équilibre soit bien éphémère et qu'il faudra recommencer à prendre d'autres mesures dans trois ou quatre ans. Il vaut donc la peine de prendre un peu plus de temps pour définir une stratégie à long terme pour trouver des solutions à long terme.

En passant, le ministère des Finances a déjà en main, depuis un bon bout de temps, tous les ingrédients pour produire à peu de frais une projection à long terme de qualité.

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