Le drame des enfants congolais

Les succès fulgurants de Rebelle ne doivent pas... (Photo La Presse)

Agrandir

Les succès fulgurants de Rebelle ne doivent pas nous faire oublier le drame que connaissent les enfants congolais depuis une quinzaine d'années.

Photo La Presse

Partager

Le Droit

Tourné en 2011 en République démocratique du Congo par Kim Nguyen, le film canadien Rebelle n'a pas fini de faire parler de lui tant au niveau national qu'à l'international.

Primé à Vancouver, Berlin et New York, le film est présentement en lice des finalistes pour l'Oscar du meilleur film en langue étrangère.

Les succès fulgurants de Rebelle ne doivent pas nous faire oublier le drame que connaissent les enfants congolais depuis une quinzaine d'années. Au-delà de la fiction tournée à Kinshasa, le film de Nguyen dépeint la triste réalité des enfants-soldats dans un pays de toutes sortes d'horreurs.

Multiples conflits armés

En effet, depuis le génocide rwandais de 1994 qui avait déversé des milieux des réfugiés au Congo, ce pays est devenu un terrain fertile de multiples conflits armés au cours desquels l'usage d'enfants-soldats est pratique courante. L'extrême fragilité de la situation politique et économique en République démocratique du Congo fait en sorte qu'ils sont souvent kidnappés dans les écoles, les camps de réfugiés, les stades et les églises, enrôlés de force pour combattre contre l'armée gouvernementale ou d'autres groupes armés dans la partie est du Congo. Souvent drogués et sous l'influence de l'alcool, ces enfants communément appelés «kadogo» (enfant-soldat, en swahili) sont utilisés pour des tâches logistiques, servent d'éclaireur et chair à canon sur les champs de bataille et d'esclaves sexuels.

Le recrutement d'enfants-soldats est une violation grave du droit international humanitaire. Les Protocoles additionnels aux Conventions de Genève et à la Convention relative aux droits de l'enfant interdisent tout recrutement d'enfants âgés de moins de 18 ans.

Crime de guerre

Le Statut de Rome traité fondateur du Tribunal pénal international qualifie clairement le fait de procéder à l'enrôlement d'enfants mineurs dans les forces armées ou dans des groupes armés ou de les faire participer activement à des hostilités comme étant un crime de guerre.

Ces crimes ne peuvent pas rester impunis.

Une paix durable ne peut s'établir dans un État qui consacre l'impunité comme système de gestion de conflits. En l'absence d'une justice indépendante au Congo, la communauté internationale serait obligée d'envisager d'autres solutions, notamment la mise en place d'un Tribunal pénal international ad hoc qui pourrait stopper la cruauté et protéger définitivement les enfants congolais.

Isidore Kwandja Ngembo,

Ottawa

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer