Réformer les régimes publics de retraite au Canada?

La proposition du gouvernement ne constitue pas une... (Étienne Ranger, Archives LeDroit)

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La proposition du gouvernement ne constitue pas une amélioration au régime de retraite des fonctionnaires, mais plutôt une participation supérieure à celle en vigueur présentement.

Étienne Ranger, Archives LeDroit

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Le Droit

Depuis quelque temps, le gouvernement Harper propose que fonctionnaires et députés contribuent jusqu'à 50% des argents nécessaires, afin d'assurer les frais inhérents au soutien de leurs prestations de retraite déterminées; il ne s'agit donc pas d'une amélioration au régime, mais plutôt d'une participation supérieure des employés à celle en vigueur présentement pour ces deux populations.

L'objectif, s'il est peut-être politiquement acceptable, répond surtout aux critiques de certains lobbies patronaux et de «think tanks» réputés pour leur antagonisme à la chose gouvernementale; ces organisations se plaignent que les fonctionnaires obtiennent des prestations déterminées en fin de carrière, un type de prestation représentant environ 30% des régimes privés de retraite au Canada; ces mêmes institutions justifient leurs prises de position en arguant: 75% des Canadiens n'ont même pas accès à un régime de retraite privé; or, la faille de cette approche est que les employeurs du secteur privé n'ont pas établi de régime de retraite, qu'il soit ou non à prestations déterminées. La conséquence inéluctable d'une telle approche, est de rejeter à long terme vers l'État le fardeau découlant de l'avarice des employeurs privés et des penseurs à leur solde.

Les Canadiens participent tous au Régime de pension du Canada ou à la Régie des rentes du Québec. Les actuaires s'entendent à l'effet que le revenu d'un retraité doit correspondre environ 70% du salaire à la fin de vie professionnelle; le salaire canadien moyen, toutes observations confondues, est de 907$ par semaine en 2012, ou de 47436$ par année; 70% de ce montant représente donc 33205$.

Comparons ceci contre la prestation maximale du RPC-RRQ, soit 11840$ à l'âge de 65 ans. Il faut comprendre que nombre d'entre nous n'obtiendrons pas ce maximum; de plus, le citoyen a accès à la pension de sécurité de vieillesse (PSV) de 6540$ par an. Finalement, si les revenus sont inférieurs à 16512$ par an, le citoyen accède au Supplément de revenu garanti jusqu'à concurrence de ce dernier montant.

Il est par ailleurs important de comprendre que le seuil de pauvreté au Canada se situe entre 18400 et 21000$ pour une personne seule, selon la région. Les régimes publics sont donc loin de refléter le jalon de 70% du salaire moyen. Ils sont même en deçà du seuil de pauvreté lorsque la source de revenus d'un individu se limite à ces régimes.

La question de fond

La question de fond que doivent poser gouvernement et employeurs, est: comment assurer un revenu décent aux travailleurs, assurant ainsi une certaine dignité économique à l'automne de la vie? La solution la plus simple serait de hausser les cotisations au RPC-RRQ. Il y en a sûrement d'autres. Pour l'État, il s'agit d'une question de justice sociale, tempérée par ses effets économiques positifs et négatifs; pour les employeurs, lesquels dénoncent le système de revenu de retraite en place, dont les prestations sont nettement insuffisantes selon notre démonstration, ce sera comment justifier ne pas avoir des régimes privés visant l'objectif du 70% de revenu avant retraite et pire, comment le secteur privé peut-il défendre une position consolidant la pauvreté pour ses propres employés et consommateurs?

La question visant une contribution accrue des fonctionnaires et députés esquive l'enjeu sociétal réel, j'invite les principaux acteurs à s'y attaquer.

Michel Gingras,

Gatineau

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