LA POPULATION RÉAGIT AU CONFLIT ÉTUDIANT

La population réagit au conflit étudiant (Étienne Ranger, LeDroit)

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Étienne Ranger, LeDroit

Le Droit

La population réagit au conflit étudiant

 

 

POUR

Violence policière

Est-ce que les médias commenceront à dire les vraies choses sur la situation grave qui se passe à l'Université du Québec en Outaouais? Les gens se font bafouer par les policiers, il y a de l'intimidation, de la violence de leur part. Malheureusement aux nouvelles, on ne nous montre pas le pire! Ma fille manifeste tous les jours et je suis inquiète pour sa sécurité.

Chantal Prévost, Gatineau

Que coûte-t-il de discuter?

Le gouvernement du Québec tente de museler le mouvement de grève, attend que le mouvement s'essouffle. Rester sages et tranquilles ne nous apporte rien. En refusant de discuter, le gouvernement envoie le message qu'il ne nous prend pas au sérieux. On nous parle maintenant avec des matraques, avec des arrestations. Que leur en coûte-t-il de discuter? Certainement moins que de payer la sécurité policière, les professeurs, les chargés de cours et tous ceux qui sont impliqués de près ou de loin dans ce mouvement historique. Ont-ils peur que la force de leur argumentaire ne suffise pas?

Catherine Aubin, Gatineau

Un débat d'accessibilité

Au premier ministre Jean Charest,

C'est honteux d'avoir laissé la situation avec les étudiants dégénérer à ce point. Ce sont nos jeunes qui sont là entourés de policiers à l'Université du Québec en Outaouais. Ça ne vous rend pas mal à l'aise? Ils sont là pour que l'éducation reste accessible à tous. La santé et l'éducation sont les priorités des Québécois: l'accès gratuit aux services de santé publics, et pourquoi pas l'accès gratuit aux études universitaires? La question fondamentale n'est pas les 300$ de plus par année en frais de scolarité, mais bien l'accès. Trouvez des économies dans la gestion de ces universités, pas sur le dos des étudiants. Les étudiants et les professeurs sont la priorité, pas les administrateurs. Permettons à nos jeunes de poursuivre leurs études sans hypothéquer leur avenir en les criblant de dettes. Arrêtez de comparer avec ailleurs... le Québec est particulier, nos valeurs nous sont chères. Les étudiants défendent nos valeurs de société. Osez les appuyer!

Denise Boulais, Gatineau

Les médias inféodés

Faut-il s'étonner du vent qui semble tourner, selon les médias, dans le dossier des grèves étudiantes affectées par des injonctions? Après tout, ces décisions, semblant se draper dans les droits individuels, favorisent évidemment toujours le pouvoir établi. Quand on prend acte des révélations ces dernières années quant au processus de nominations judiciaires par ce même pouvoir, on se rend compte que cette fois-ci, le gouvernement québécois ne se plaindra pas que la cour semble toujours pencher du même bord. Ce dont il faut s'étonner, c'est de la malléabilité de certains médias qui annoncent déjà le début de la fin de la cause des grévistes; ah, mais j'oubliais, le pouvoir s'y est aussi établi depuis longtemps, dans ces médias.

André Dorion, Gatineau

Se taire et accepter?

Je suis contente que la majorité étudiante tente de nous réveiller. Vous aimeriez que les étudiants fassent comme vous? Qu'ils se taisent et acceptent la hausse des frais de scolarité comme vous acceptez la hausse du prix de l'essence, de l'impôt, des taxes en sachant que les gouvernements dilapident votre argent en favorisant les amis du parti? Se dirige-t-on vers une société favorisant les droits de la minorité détenant l'argent et le pouvoir?

Anne Renée Gravel, Gatineau

52 valent plus que 570?

À l'Université du Québec en Outaouais, le 11?avril, 1002 étudiants sont présents à une quatrième assemblée générale spéciale. Résultats: 570 votes en faveur de la grève, 425 votes contre et 7 abstentions. Le 13?avril, une injonction pour une reprise des cours est déposée en cour par 52 étudiants et est acceptée. On ordonne alors un retour en classe dès le lundi 16?avril. Comment 52 voix en valent plus que 570? Comment justifier, voire approuver, un geste aussi anti-démocratique? Malgré toutes les démarches, le gouvernement ne bouge pas. Il incite à la confrontation et invite à la violence. Le tableau s'est presque renversé à l'UQO le 16?avril. Quelque 200 étudiants se sont barricadés à l'intérieur de l'UQO. Le matin du 17?avril, il fallait présenter notre carte d'étudiant à des policiers postés à chacune des entrées du pavillon Alexandre-Taché. Pendant ce temps, le vent souffle. Il annonce l'arrivée du printemps. Notre printemps. Ce vent, il virevolte en continu, il apporte le changement.

Ariane Gonzalez, Gatineau

CONTRE

Un retrait stratégique?

Comme les étudiants ne sont pas obligés d'être membres de leur association étudiante, il suffit que chaque étudiant contre cette «grève» envoie un avis écrit à son association à l'effet qu'il se retire de l'association. Les membres restants des associations pourront continuer leur boycott si ça leur chante mais ils ne pourront plus représenter les étudiants désaffiliés... ni empêcher l'accès à l'université. On verra bien si la démocratie et la liberté d'association seront alors respectées.

Pierre Morin, Gatineau

Intimidation en classe

Au recteur Jean Vaillancourt,

Notre fille s'est présentée mardi à son cours à l'Université du Québec en Outaouais. L'intimidation des «rouges» a commencé dès son entrée dans l'édifice et s'est poursuivie en classe par des cognements sur les portes et murs des salles de classe, en plus de l'intimidation en classe par d'autres étudiants. De plus, le professeur a fustigé les élèves présents pour leur manque de solidarité. Comment assurez-vous un environnement sécuritaire pour ma fille quand vos propres employés, rémunérés par mes impôts, ne peuvent fournir cet environnement? Il est plus que temps pour votre direction de prendre les mesures qui s'imposent. Nous considérons présentement un transfert vers l'Université d'Ottawa. Nous ne sommes pas les seuls à considérer cette option, malgré les coûts. La situation présente risque d'avoir un impact à long terme pour votre institution.

Louis Thibault, Gatineau

Effets collatéraux

Il est 8h30, le 17?avril. Les étudiants manifestent devant l'université. Les télévisions sont là, les policiers surveillent et redirigent la circulation. Je pense à tous mes dollars d'impôt qui devront servir à payer les policiers en temps supplémentaire, l'essence supplémentaire que doit payer la société de transport qui doit utiliser une route alternative, les travailleurs en retard qui se feront couper une partie de leur salaire... Pendant ce temps, des écoles manquent de ressources pour les troubles d'apprentissage. Et le réseau de la santé à qui on demande de faire plus avec moins. Ces étudiants réalisaient-ils qu'ils ne sont pas les seuls à avoir besoin de mettre la main à la pâte? Peut-être devraient-ils arrêter de se regarder le nombril et relever la tête, regarder autour d'eux et constater l'impact de leur manifestation sur l'ensemble de la collectivité!

Céline Bélanger, Gatineau

Enfants gâtés ou entêtement?

Professeur à la retraite, j'ai toujours enseigné à mes élèves qu'avec chaque droit vient aussi une responsabilité. Il y a un droit de manifestation mais il y a aussi un droit d'assister à ses cours. À ce stade-ci, les étudiants en «grève» auraient intérêt à mettre fin à leur manif car ils ont la population à dos. Et ils risquent de perdre leur semestre et de repayer pour le reprendre et de manquer de boulot cet été. Coût supplémentaire! Alors cessez vos manifs, acceptez les frais proposés (bien inférieurs à la moyenne canadienne). Prenez vos responsabilités... et aller voter aux prochaines élections. C'est comme ça que l'on fait valoir nos opinions. Alors ce sera la majorité qui décidera et non une minorité!

M.?Tessier, Gatineau

Victoire des enfants rois

Les enfants rois qui mèneront le pays dans quelques années ne peuvent accepter de contretemps. 325dollars de plus par année, moins que 1$ par jour. Et dire que les enseignants, les professeurs appuient une telle démarche, occasionnant des gestes de violence un peu partout. Des sacs de pierres sur la voie du métro à Montréal, de la peinture sur les murs et fenêtres. À Gatineau, on ferme le boulevard Alexandre-Taché par mesure de «sécurité» et on dévie la circulation sur des rues résidentielles. Que fait-on de la sécurité des résidents? On se fout des décisions des juges. Tout le service de police est nolisé pour assurer «la sécurité» des étudiants. Nous sommes au bord de l'anarchie et on hésite à prendre les décisions qui s'imposent. L'année scolaire est compromise. Et qui assumera les coûts des services d'ordre partout au Québec, pendant que les enfants s'amusent? Les frais devraient être imputés aux étudiants et aux professeurs! Après tout ce temps perdu, comment pourra-t-on assurer la réussite des examens, à moins de faire des passe-droits? Les enfants rois auront encore gagné!

Denis Boucher, Gatineau

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