Sexuellement responsables

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La sexualité des jeunes d'aujourd'hui se vit et se discute partout : dans les cours d'école et vestiaires sportifs, par le biais de leurs ordinateurs et téléphones intelligents, entre amis. Bref, elle se vit et se discute plus souvent qu'autrement ailleurs qu'à la maison.

Dans un tel contexte, il est nécessaire que l'école puisse jouer son rôle de transmission de connaissances en abordant ouvertement une saine santé sexuelle. À l'instar des parents, qui, eux, doivent accepter de partager cette responsabilité. Ne serait-ce que parce que plusieurs n'ont pas le recul émotif nécessaire, ni ne seront jamais totalement à l'aise pour parler de sexualité sans a priori avec leurs enfants.

En 2015, c'est trop facilement faire abstraction de la réalité que de croire que l'éducation sexuelle se limite à apprendre aux garçons comment enfiler un condom, à rappeler aux filles qu'elles peuvent prendre la pilule comme moyen de contraception ou à évoquer le spectre de la gonorrhée, de l'herpès et du sida.

La prolifération des médias sociaux permettant une plus grande accessibilité à la pornographie, le «sextage», la marchandisation des corps, tout comme les familles formées de parents de même sexe, par exemple, ont carrément changé la donne quant à ce qui est acceptable ou toléré dans notre société.

Dès lors, l'éducation sexuelle doit tenir compte de ces différents aspects avec lesquels la nouvelle génération compose quotidiennement afin de les outiller, aussi bien pour faire face aux pressions de leurs pairs que pour établir une relation pleinement épanouie avec une autre personne.

Or, depuis le début de la semaine, des milliers de parents contestent le nouveau curriculum scolaire ontarien, qui entrera en vigueur en septembre, en gardant leurs enfants à la maison.

Certains de leurs commentaires, particulièrement virulents sur l'orientation sexuelle de la première ministre Kathleen Wynne, témoignent d'ailleurs d'une intolérance latente face aux gais et lesbiennes. Et d'un déni qui, encore trop souvent, pousse au suicide des adolescents en quête de repères quant à leur véritable identité sexuelle.

C'est sans oublier ces filles qui choisissent aussi de s'enlever la vie après avoir vu des photos compromettantes d'elles devenir virales sur Internet. Ou ces garçons qui, biberonnés à la porno, imaginent des relations qui n'ont rien à voir avec la réalité, les condamnent à la performance et les confrontent à des partenaires n'ayant pas envie d'acquiescer à toutes leurs demandes.

L'Ontario a mis à jour son curriculum d'éducation sexuelle pour justement l'inscrire dans les multiples facettes de la sexualité telle qu'elle se pratique et se vit aujourd'hui. Et, plus important encore, pour permettre aux jeunes de réfléchir à la cruciale notion de consentement.

Cette dernière ne s'aborde évidemment pas de la même manière que l'on s'adresse à un élève de troisième année du primaire ou à un autre sur le point de prendre part à son bal de finissants. Mais l'idée demeure : leur apprendre que non veut dire non. Car ne pas inculquer le respect de soi et des autres à un enfant, c'est ouvrir la porte aux malentendus quant à ses attentes à l'adolescence et à l'âge adulte.

Pour réussir à parler de sujets aussi délicats, un dialogue ouvert et respectueux entre enseignants, parents et élèves s'avère essentiel.

La grogne de certains adultes ne doit donc pas faire reculer le gouvernement Wynne. Au contraire, la refonte ontarienne devrait inspirer le Québec, où les cours d'éducation sexuelle ne sont plus officiellement à l'horaire depuis 2003.

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