Dormir au gaz

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Le gouvernement conservateur de Stephen Harper rate carrément la cible, en environnement. Depuis son accession au pouvoir, il a réussi à isoler le Canada sur la scène internationale. Le plus désolant, c'est qu'il continue de le faire sans manifester la moindre volonté à oeuvrer pour redorer son blason. Ni à dépenser de l'énergie pour vraiment concilier économie et environnement.

Le premier ministre Harper et son parti démontrent ainsi qu'ils se lavent les mains de la responsabilité canadienne dans le dossier des changements climatiques. Ils n'ont d'ailleurs pas hésité à faire du Canada le premier pays à se retirer du protocole de Kyoto, en 2011.

Ce faisant, les conservateurs prouvent surtout qu'ils ne voient aucun intérêt à faire preuve de leadership sur un enjeu pourtant crucial pour l'avenir de tous, tant sur la scène internationale qu'au niveau national.

Ayant loupé le premier échéancier du 31 mars dernier, ils essaient aujourd'hui de faire porter aux provinces l'odieux de ne pas avoir remis à temps à l'Organisation des nations unies (ONU) leurs objectifs de réduction d'émissions de gaz à effet de serre (GES). Ce n'est que vendredi dernier, 10 jours après la date butoir, que la ministre fédérale de l'Environnement, Leona Aglukkaq, a rappelé à ses homologues provinciaux qu'elle attendait leurs positions sur la question pour étayer celle de son gouvernement.

Or, l'Union européenne a annoncé il y un mois son intention de réduire de 40 % ses émissions de GES par rapport à 1990. La Russie a affirmé sa détermination à diminuer de 25 % à 30 % ses émissions d'ici à 2030, par rapport à 1990. Les États-Unis, deuxième émetteur mondial de GES, se sont engagés à faire de même, à raison de 26 % à 28 % par rapport à 2005. Chacun cherche à bien paraître, tout en gardant en tête ses impératifs économiques, et ce, même si ces cibles représentent grosso modo la moitié des efforts que les scientifiques suggèrent pour contrôler les changements climatiques. 

À l'instar de la Chine et de l'Inde, le Canada tarde donc à faire valoir ses objectifs. Il a maintenant jusqu'au 1er octobre pour les présenter en prévision de sa participation à la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques, qui doit avoir lieu à Paris en décembre prochain.

Ottawa ne veut pas donner l'exemple en matière de conciliation économie-environnement. Les provinces l'ont compris et ne s'empêchent pas de développer leurs propres initiatives, voire de donner le ton. L'Ontario a ainsi rejoint le Québec et la Californie, hier, sur un marché conjoint du carbone, où leurs entreprises peuvent vendre ou acheter des droits d'émission de GES. 

De plus, les premiers ministres provinciaux se réunissent aujourd'hui, à Québec, pour discuter de changements climatiques. 

Ce sommet aura toutefois lieu en l'absence du premier ministre albertain Jim Prentice, en campagne électorale. Pourtant, l'Alberta s'avère de loin la province la plus pollueuse du pays, en raison de son exploitation des énergies fossiles. En 2012, elle a produit 249,3 mégatonnes de GES, comparativement à 166,9 pour l'Ontario et 78,3 pour le Québec.

Cela dit, les conservateurs campent sur leurs positions: ils ont misé sur l'exploitations des énergies fossiles et n'entendent pas changer leur fusil d'épaule à court terme.

À plus long terme, ils devront toutefois tenir compte de cette nouvelle génération d'électeurs, pour qui recycler et composter relèvent de gestes s'inscrivant dans leur quotidien. Car un parti qui ne met pas l'environnement au coeur de ses priorités ne survivra pas longtemps dans le paysage politique de demain.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer