La mesure d'exception

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Le débat sur le recours aux huis clos à la Ville de Gatineau, dans le dossier du centre multifonctionnel, a été relancé avec beaucoup de maladresse par le conseiller Mike Duggan, cette semaine. Il n'en soulève pas moins une fois de plus l'importante question de la transparence au sein du conseil municipal. Et celle, tout aussi essentielle, de ce qui relève de l'intérêt public et, par extension, du rôle des médias dans des circonstances comme celles-là.

Aux paliers provincial et fédéral, l'opposition compte notamment sur la période des questions, au parlement, pour interroger le parti au pouvoir sur ses décisions, pour débattre des enjeux en cause ou pour critiquer ouvertement ses intentions dans le but de transporter le débat sur la place publique.

Au niveau municipal, les élus n'ont pas toujours un tel contre-pouvoir.

Certes, des rencontres de travail peuvent s'avérer nécessaires, surtout quand vient le temps d'étudier des dossiers aussi complexes que celui de l'avenir de l'aréna Robert-Guertin. 

Cela dit, ces réunions ne doivent pas servir à peaufiner des arguments à l'abri des regards et des micros, ni à préparer la présentation de l'information qui sera ensuite soumise à la population.

Un huis clos ne doit pas non plus devenir un prétexte pour tenter d'obtenir un consensus et d'ainsi éviter les vagues pour un maire désireux de rallier les conseillers à sa vision des choses.

Nul doute que la tentation, à l'instar des risques de dérapages, peut parfois s'avérer grande...

Dans un tel contexte, il devient alors d'autant plus facile d'entretenir un climat de suspicion autour de l'aspect démocratique de ces rencontres tenues derrière des portes closes. Et, du même coup, d'exacerber le cynisme des citoyens envers les conseillers municipaux et le maire en place.

D'une élection à l'autre, les candidats à la mairie n'ont pas fait de la transparence un cheval de bataille important de leur campagne pour rien. Cela ne les a toutefois pas empêchés d'être accusés d'en manquer, à un moment ou à un autre de leur mandat.

C'est justement là que les médias interviennent, en surveillant les élus, en réclamant des réponses de leur part et en les analysant.

LeDroit a toujours appuyé - et il continuera de le faire  - toutes les initiatives visant à rendre accessible un maximum d'informations sur un dossier donné et ce, afin de permettre aux citoyens de se forger leur propre opinion sur le sujet en question. Si la norme doit privilégier la plus grande transparence possible, le huis clos demeure malgré tout un outil de gouvernance que les élus doivent apprendre à utiliser à bon escient. 

La Ville peut y avoir recours dans des cas précis, soit lorsque les renseignements mis sur la table aux fins de discussions sont de nature concurrentielle, légale (si le dossier est judiciarisé, par exemple) ou personnelle (c'est-à-dire relevant des ressources humaines).

Autrement, débats, décisions et opinions des conseillers et du maire devraient se faire entendre devant public.

Car hors des paramètres balisant clairement le recours au huis clos, les élus ne sont pas les seuls à pouvoir déterminer ce qui est d'intérêt pour le public: ce dernier aussi a le droit de définir ce qui l'intéresse. En assistant, ou non, aux réunions de son conseil municipal. En interpellant, ou non, ses élus sur les enjeux qu'il juge importants.

Dès lors, le huis clos demeurera ce qu'il doit véritablement être: une mesure d'exception.

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