La clé de la réussite

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Le Québec se prépare à vivre une importante refonte de son système scolaire. Après la santé, il est clair que le gouvernement de Philippe Couillard entend se pencher sur l'éducation. Les enseignants fourbissent déjà leurs slogans et promettent de se faire entendre haut et fort, lorsque leur tour viendra.

La récente - et rarissime - sortie publique de Pauline Marois sur le dérapage de la réforme majeure de l'éducation qu'elle avait lancée au milieu des années 1990 en tant que ministre donne matière à réflexion à l'aube des négociations et des débats houleux qui se profilent à l'horizon.

Revenant sur le dossier, l'ex-première ministre péquiste a fait l'autopsie des ratés d'une réforme axée sur le retour aux matières de base, qui avait même été applaudie par les syndicats à l'époque pour son gros bon sens, mais qui n'a toujours pas porté les fruits promis. Résultat ? Les élèves réussissent aujourd'hui moins bien en français et en mathématiques, et ce, malgré un plus grand nombre d'heures d'enseignement de ces matières...

Mme Marois a relevé quatre erreurs pour expliquer ces cafouillages, dont une implantation trop rapide et des changements trop nombreux, en plus de l'enlisement dans une gestion rendue inutilement complexe des compétences transversales et des évaluations dans les bulletins, entre autres.

Elle reconnaît de plus que quitter le navire de l'éducation pour prendre la barre du ministère de la Santé à peine un an après avoir lancé la réforme en 1997 n'a pas aidé à maintenir le cap sur les nouvelles orientations. En 21 ans, 11 péquistes et libéraux (de Jean Garon à François Blais) se sont succédé à la tête de ce ministère. Or, « l'Éducation est un paquebot qui prend beaucoup de temps à se virer de bord », rappelle Pauline Marois.

Un tel manque de stabilité dans un domaine aussi essentiel sur le plan social est sans contredit loin de favoriser le climat de confiance propice à la mise en place de changements majeurs. La succession de ministres empêche le suivi serré de l'implantation de nouveaux curriculums et méthodes pédagogiques, et vital pour un solide arrimage à tous les niveaux. Elle rend surtout extrêmement difficile le dialogue nécessaire pour placer les divers intervenants du milieu scolaire sur une souhaitable même longueur d'onde.

C'est là, parmi les erreurs soulignées par Mme Marois, la plus importante : le manque d'intégration, pourtant cruciale, des enseignants dans le processus. Or, ce sont eux qui sont en première ligne, dans les salles de classe.

Depuis sa défaite électorale, Pauline Marois s'est faite avare de commentaires sur les enjeux politiques de l'heure sur la place publique. Avec le recul, d'aucuns diront qu'il lui est facile de faire maintenant un tel post-mortem. Cela dit, à l'aube de ce qui semble vouloir prendre des allures de confrontations, elle rappelle qu'il faudra réussir à dépasser les amalgames faciles pour assurer le succès de l'enseignement offert.

Car les syndicats élaboreront des moyens de pression qui ne plairont pas à tous, élus, citoyens et parents confondus. Mais au-delà des syndicats, il y a des enseignants, qui oeuvrent quotidiennement à instruire les générations de demain afin de les outiller pour relever les défis du marché du travail et contribuer à la société au maximum de leur potentiel. Et qui mériteraient qu'on les écoute.

Le gouvernement en place a évidemment le droit de gérer comme il l'entend, d'autant qu'il est majoritaire. En contrepartie, il a le devoir de tendre une oreille attentive à ses employés.

La réussite du système scolaire dépend de cette ouverture au dialogue.

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