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Les femmes représentent la moitié des 35 millions de Canadiens. Si elles sont 25% plus nombreuses à entreprendre des études supérieures, elles gagnent encore 18% de moins que leurs collègues masculins une fois sur le marché du travail.

Voilà ce qui ressort, entre autres, du Rapport mondial sur la parité entre hommes et femmes de 2014. Le Forum économique mondial (World Economic Forum) conclut qu'au rythme actuel, il faudra attendre 81 ans avant de combler totalement l'écart entre hommes et femmes en milieu de travail.

Toujours selon ce rapport, le Canada occupe le 42e rang sur 142 pays pour ce qui est du nombre de femmes participant à la vie politique, loin derrière l'Islande, bonne première.

Si les femmes étaient plus présentes sur la scène politique (et non dans les «centres d'achat» de Montréal, selon l'invitation outrageusement sexiste lancée aux conjointes des gens d'affaires gaspésiens par le ministre des Transports du Québec, Robert Poëti, mardi), cela changerait-il quoi que ce soit à la situation actuelle au pays?

Pour le moment, elles ne semblent pas assez nombreuses (même à 33%) pour changer la donne.

Du moins, pas en ce qui a trait au dossier des 1200 femmes autochtones disparues au cours des 30 dernières années. Il est certes désolant d'entendre le premier ministre conservateur, Stephen Harper, s'entêter à ramener cet enjeu social réel à de simples crimes à punir. Mais il s'avère franchement déplorable que la ministre fédérale de la Condition féminine, Kellie Leitch, renchérisse en laissant sous-entendre que ces disparitions et assassinats résulteraient de violence conjugale. Comme si le meurtrier en série Robert Pickton n'avait jamais sévi.

De tels propos font malheureusement écho au rapport rendu public mercredi par le refuge pour femmes violentées Interval House de Toronto. L'étude fait état d'une statistique pour le moins troublante: près de 35% des hommes interrogés en Ontario font porter la responsabilité de la violence faite aux femmes aux... victimes elles-mêmes.

Comment, en 2015, expliquer une telle donnée?

Parce que des étudiants en dentisterie de l'Université Dalhousie étaient convaincus qu'ils pouvaient mettre en ligne des commentaires sexuellement dégradants sur leurs consoeurs de classes sous prétexte qu'il s'agissait d'échanges privés.

Parce que des joueurs de hockey n'hésitent pas à profiter de leur statut pour repousser les limites du jeu de la séduction.

Parce que de jeunes employés s'amusent encore à détacher le soutien-gorge de leurs collègues féminines, au boulot, sans être immédiatement réprimandés par leurs patrons.

Combien de femmes victimes d'intimidation ou d'agression à caractère sexuel se taisent, de crainte d'être blâmées pour ce qui leur est arrivé ou pour avoir osé rapporter les gestes ou paroles inappropriés de la part d'hommes de leur entourage? Encore trop, si l'on se fie au mot-clic #agressionnondéclarée.

Comment accepter qu'on banalise ainsi la violence faite aux femmes? Il devient impérieux d'oeuvrer collectivement à déconstruire ces comportements et commentaires insidieux, présumés drôles et permis alors qu'ils s'avèrent carrément inacceptables. D'établir un véritable dialogue pour briser le cercle vicieux du silence et de ce qui est perçu comme tolérable.

Pour la suite du monde, il est tout aussi crucial que les femmes continuent de s'éduquer, d'aspirer aux plus hauts échelons, de contribuer à la vie publique, de dénoncer les abus dont elles sont victimes et de revendiquer un salaire égal pour un travail égal.

Parce qu'aucune société ne peut prétendre aller de l'avant en laissant la moitié d'elle derrière.

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