Donner le goût de lire, surtout

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Le Salon du livre de l'Outaouais (SLO) peut donner l'impression d'être une grande librairie, sa mission première n'est toutefois pas de vendre des livres.

Certes, les éditeurs doivent y trouver leur compte, mais un salon du livre, c'est avant tout un lieu de rencontres, de découvertes et de réflexions. C'est l'endroit idéal pour promouvoir et partager le goût de « Lire de tout... partout », comme le veut le thème de cette année.

Il s'agit de l'essence même de cette fête du livre débutant demain : offrir un espace où auteurs et lecteurs peuvent se retrouver pour échanger autour de passion et curiosité communes.

En 36 ans, le SLO s'est solidement enraciné dans la communauté. Il est devenu un rendez-vous annuel incontournable de la scène culturelle francophone de la région, notamment en mettant en valeur les écrivains de l'Outaouais et de l'Ontario français en nommant des représentants de leur association d'auteurs respective comme invités d'honneur.

Ses organisateurs tirent aussi leur épingle du jeu dans le calendrier scolaire, en s'assurant de ne pas entrer en conflit avec les semaines de relâche au Québec et en Ontario. Ainsi, ce sont près de 8 000 jeunes des écoles de la région de Gatineau et d'Ottawa qui se rendront au salon demain et vendredi. De plus, une vingtaine d'établissements des deux côtés de la rivière recevront la visite d'auteurs et illustrateurs dans le cadre de la Tournée jeunesse organisée en parallèle au SLO, cette semaine.

Troisième en importance au Québec, l'événement attire bon an mal quelque 35 000 visiteurs. Au cours des cinq dernières années, le nombre de maisons d'édition présentes a chuté de 500 à 415 (mais plusieurs sont aujourd'hui représentées par leur distributeur) ; le nombre de kiosques, lui, s'est maintenu, à la dizaine près. À l'inverse, les auteurs sont passés de 300 à 415 durant cette période. Certains, telle l'ancienne porte-parole du SLO Chrystine Brouillet, s'organisent pour faire concorder la sortie de leur nouveauté avec le salon.

Le défi n'est donc pas tant d'attirer tout ce beau monde au Palais des congrès de Gatineau, ni de les fidéliser, mais bien de leur faire vivre et concevoir le salon autrement qu'en simple lieu de magasinage. Depuis 2010, l'équipe du Salon du livre oeuvre habilement à transformer la perception du public et des gens du milieu, ainsi que leurs habitudes de « consommation » de l'événement. Car son succès ne doit pas se calculer uniquement en livres vendus en quatre jours. Il doit principalement tenir compte de la qualité de l'expérience vécue par ses participants.

Les efforts soutenus pour présenter des activités diversifiées et offrir une autre forme de visibilité aux auteurs portent lentement mais sûrement fruit. D'une édition à l'autre, les organisateurs notent une constante augmentation du taux de visiteurs prenant place près d'une scène pour écouter et poser des questions lors de l'une ou l'autre de la centaine de tables rondes, entrevues, débats ou autres activités proposées dans la programmation.

Ces changements de comportement assureront la pérennité du SLO et l'assureront de continuer à jouer son rôle vital dans le domaine culturel. Parce que s'il est possible d'acheter des livres (romans, essais, BD, poésie, etc.) en magasin ou de les emprunter à la bibliothèque, voire de s'abonner à des blogues, journaux et magazines pour ensuite les lire sur papier, tablette ou ordinateur, seul un salon du livre ancre encore l'expérience de lecture dans l'échange concret, vrai. Cela représente sa raison d'être, fondamentale pour transmettre l'envie de lire de tout... surtout.

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