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Une date : la rentrée 2018. Et un premier campus d'une nouvelle université franco-ontarienne établi à Toronto ou ailleurs dans le Centre-Sud-Ouest de l'Ontario d'ici là.

Entre ces deux objectifs du rapport du Sommet provincial des États généraux sur le postsecondaire en Ontario français, rendu public hier, subsiste un vide étonnant, pour ne pas dire décevant.

Aucun chiffre pour étayer les divers scénarios d'implantation évalués. Ni sur la fréquentation estimée d'un tel établissement, d'ailleurs. Encore moins sur les impacts qu'il aurait sur la fréquentation des universités Laurentienne et d'Ottawa qui offrent elles aussi des programmes en français.

Aucun échéancier pour marquer concrètement les autres étapes devant mener à l'accueil de la première cohorte d'étudiants sur leur campus en 2018, dans ce document signé par le Regroupement étudiant franco-ontarien (RÉFO), la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO) et l'Asssemblée de la francophonie de l'Ontario (AFO).

Après six consultations régionales, quatre consultations jeunesse et un Sommet provincial à Toronto, ces États généraux ont donc accouché, hier, d'un rapport empreint de bonnes intentions et de nobles idéaux, mais manquant singulièrement d'un aspect pratique pourtant essentiel pour la suite des choses.

Au cours des consultations, trois modèles de gouvernance ont été étudiés.

Des trois, la division des universités bilingues, comme celle d'Ottawa, est présentée comme l'option la moins populaire et viable. Celle de la mise sur pied d'une université affiliée ou fédérée - à l'instar de celle de Hearst, affiliée à l'université Laurentienne à Sudbury - représenterait un compromis.

Sans surprise, c'est la création d'une université de langue française indépendante qui rallie la majorité des participants aux États généraux. Ce modèle s'inspirerait de l'Université du Québec, avec ses campus décentralisés permettant de mieux cibler les besoins en région et une meilleure rétention d'étudiants dans leur milieu. Combien cela coûterait-il ? Tout en reconnaissant que le « poids des fonds de démarrage que nécessiterait un tel établissement » représente un « défi », le rapport ne soumet aucune évaluation monétaire.

On propose néanmoins quelques pistes de réflexion intéressantes, dans ce document, notamment quant au rôle que le fédéral pourrait jouer dans le financement d'une telle institution, lui qui soutient entre autres l'université Algoma et son mandat de rendre plus accessibles les études supérieures aux Autochtones.

Seul calcul dans tout ça, et il est politique : 2018, dernière année du mandat de l'actuel gouvernement libéral avant les prochaines élections provinciales. Or, c'est sous l'administration libérale que les Franco-Ontariens ont habituellement réussi à faire avancer leurs causes. La pression est donc forte sur le parti de Kathleen Wynne dans ce dossier. Cette dernière, qui préconise la « prudence financière », n'acceptera toutefois pas de prolonger la gouvernance de l'éducation franco-ontarienne au palier universitaire à n'importe quel prix.

Présenter un rapport si important pour l'avenir de la communauté sans chiffrer les trois scénarios et leur impact relève du devoir bâclé. Heureusement pour le RÉFO, l'AFO et la FESFO, la première ministre et la ministre déléguée aux Affaires francophones, Madeleine Meilleur, s'entendent sur le principe « d'accroître l'accès à des programmes postsecondaires de langue française en Ontario ». Elles seront peut-être dès lors tentées de prendre le relais et de faire faire une évaluation exhaustive de toutes ces options.

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