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En convaincant Airbus de consolider la présence de la branche Communications de sa filiale Defence & Space sur son territoire, le Centre local de développement (CLD) de Gatineau prouve qu'une prospection bien ciblée peut porter fruit.

Car Airbus n'atterrit pas en terrain inconnu. La multinationale est déjà implantée dans le parc d'affaires du secteur Hull, où elle emploie environ 150 personnes, sous le nom de Cassidian, et teste ses systèmes et interfaces de communication 9-1-1. Dans ces conditions, la possibilité de regrouper les activités de la compagnie sous un même toit en y installant aussi ses chercheurs et experts en radiocommunication représentait une option alléchante. Un atout dont le directeur de Développement économique du CLD Gatineau, Michel Plouffe, a su jouer pour persuader les dirigeants d'Airbus de déménager ici la direction de son « centre d'excellence », présentement établi en France.

C'est là la véritable bonne nouvelle de ce transfert : l'arrivée en Outaouais d'une vingtaine de cerveaux qui pourrait faire de la région une plaque tournante en Amérique du Nord dans un domaine hautement spécialisé. Cette nouvelle semble par ailleurs vouloir confirmer la première position que Gatineau occupe en matière de recherche et développement dans le récent palmarès dressé par l'Institut de recherche sur les PME de l'Université du Québec à Trois-Rivières.

Si l'avenir passe par l'économie du savoir, cette dernière passera-t-elle par la Ville à compter de maintenant ? Il est évidemment encore trop tôt pour présumer de l'impact réel et à long terme de la décision d'Airbus. Comme il serait pour le moins prématuré de croire que ce choix entraînera la revitalisation d'un parc jusque-là plus reconnu pour son terrain où les chiens peuvent librement se dégourdir les pattes et la maison condamnée voisine où les pompiers gatinois venaient s'exercer... Contrairement au parc industriel - qui réunit, près de l'aéroport, la Laiterie de l'Outaouais, Weston, Labatt, Pneus Lavoie, etc. - le Technoparc des Hautes-Plaines ne s'est jamais déployé. Au point où les élus ont dû en modifier le zonage, en 2010, pour le transformer en simple parc d'affaires.

Deux choses ressortent cependant clairement de l'annonce faite lundi par Airbus.

Primo, Gatineau démontre qu'elle peut attirer les développeurs d'une expertise de pointe sur son territoire. Ce faisant, elle reprend pied dans le domaine de la haute technologie qui, dans la région de la capitale nationale, compte toujours quelque 79 000 travailleurs.

Deuxio, en déplaçant ici le centre de recherche et développement d'une de ses filiales, Airbus devient un aimant potentiel, un atout pour intéresser ses sous-traitants à s'en rapprocher et venir eux aussi s'installer à Gatineau, de même que d'autres entreprises d'envergure mondiale capitalisant sur la richesse du savoir.

Mais pour tirer pleinement profit des fruits qu'elle récolte aujourd'hui, Gatineau devra parvenir à changer cette perception aussi persistante que pernicieuse que son économie dépend de la seule fonction publique fédérale. Pour briser une fois pour toutes cette image, les dirigeants et acteurs économiques de la municipalité devront faire savoir clairement leurs intentions, déterminer les entreprises qu'ils souhaitent voir s'établir sur le territoire et miser sur l'accessibilité à une main-d'oeuvre hautement scolarisée, qualifiée et bilingue de surcroît.

Là réside l'avenir de Gatineau.

Et tout le défi du maire Maxime Pedneaud-Jobin, qui a fait du repositionnement de la Ville sur l'échiquier économique plus qu'une promesse électorale, un cheval de bataille.

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