Solidarité énergétique

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Pierre-Paul Noreau
Le Droit

Jusqu'ici, il a été plus intéressant de vendre notre énergie aux Américains que de bien servir nos propres compatriotes. Pourtant, les besoins étaient là... Mais l'argent a parlé plus fort que la solidarité. Belle fédération! Il serait temps de prendre le taureau par les cornes et d'agir dans l'intérêt commun, autant en matière d'hydro-électricité que d'énergie fossile.

Réunis à Saint-Jean, Terre-Neuve, pour un Conseil de la fédération la semaine dernière, les premiers ministres des provinces ont fait un premier pas important en se mettant d'accord sur les principes d'une stratégie énergétique. L'objectif fondamental, concilier croissance économique et protection de l'environnement.

N'importe quel Canadien sensé et informé conviendra lui aussi que ce n'est pas demain la veille que la planète va pouvoir se priver des énergies fossiles. Mais il soutiendra du même souffle qu'il faut travailler sans relâche pour en limiter l'usage et trouver des solutions de rechange pour protéger l'environnement.

Dans ce contexte, il est logique de continuer à assurer des débouchés au pétrole de l'Ouest, tout en soutenant le développement des ressources hydroélectriques de l'Est. Ces intérêts ne sont ni contradictoires ni inconciliables.

Bien sûr, les projets de pipeline n'ont pas la cote et se butent à toutes sortes de craintes bien fondées. Pendant ce temps cependant, le transport de matières combustibles par wagons-citernes augmente de manière quasi exponentielle, tout comme les risques qui y sont associés. Et ce ne sont pas des wagons plus résistants qui vont empêcher les tragédies.

Dans ce contexte, peut-on à la fois, comme le fait le premier ministre du Québec Philippe Couillard, accepter de discuter de projet de pipeline, s'intéresser à l'exploitation du pétrole de l'île d'Anticosti ou de Old Harry et militer pour le développement de la bourse nord-américaine du carbone? Sans nul doute.

L'Ontario, quant à elle, est aux prises avec des besoins massifs d'énergie alors que les grandes centrales nucléaires qui l'approvisionnent auront besoin d'une importante mise à niveau au cours des prochaines années. Le cauchemar financier de la réfection de la centrale de Pointe Lepreau au Nouveau-Brunswick est à cet égard un pensez-y bien.

Une alliance hydroélectrique Québec-Provinces de l'Atlantique pourrait-elle permettre de répondre aux besoins des concitoyens de la première ministre Kathleen Wynne et écarter au moins partiellement la filière nucléaire qui, depuis l'accident de Fukushima au Japon, a perdu bien du lustre?

Les discussions entre le ministre ontarien de l'Énergie, Bob Chiarelli, et ses vis-à-vis québécois et néo-écossais ont certainement ouvert la porte à ce que des hypothèses de travail soient approfondies pour fournir l'Ontario en électricité.

Mais pour parvenir à un vrai partenariat associant Québec et Terre-Neuve, il faudra d'abord corriger l'injustice du contrat de Churchill Falls qui prive les Terre-Neuviens de leur juste part des retombées.

Les Canadiens sont très forts pour négocier de grandes ententes de libre-échange avec des partenaires étrangers. Nous serions toutefois bien plus malins et financièrement bien mieux servis en termes de retombées si nous apprenions d'abord à nous faire confiance pour mieux progresser ensemble.

La belle complicité prévalant actuellement entre la première ministre Wynne et le premier ministre Couillard est le gage de ce type de travail constructif. Il faut bâtir là-dessus. Et peut-être y aura-t-il un jour un premier ministre du Canada intéressé à vraiment jouer son rôle et à dynamiser notre fédération dans un axe est-ouest...

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