Sur les droits des voyageurs

La ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, s'est... (Agence France-Presse)

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La ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, s'est dite « désolée » quant aux opérations de rapatriement des voyageurs canadiens. Mardi, elle a reconnu qu'il aurait été possible de faire mieux, mais a refusé d'aller jusqu'à s'excuser au nom de son gouvernement.

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ÉDITORIAL / Depuis quelques jours, des Canadiens reviennent des Caraïbes et témoignent de première main de la force de l'ouragan Irma autour d'eux. Ils ont légitimement eu peur, ce qui n'est pas étonnant. Mais plusieurs reprochent une inertie du gouvernement du Canada qui se serait traîné les pieds au lieu de les évacuer de ces zones de détresse.

La ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, s'est dite « désolée » quant aux opérations de rapatriement des voyageurs canadiens. Mardi, elle a reconnu qu'il aurait été possible de faire mieux, mais a refusé d'aller jusqu'à s'excuser au nom de son gouvernement. Le premier ministre Justin Trudeau a emboîté le pas dans la même direction : il a dit que le Canada pourrait apprendre à mieux réagir la prochaine fois.

Ce sont des aveux timides, mais tout à fait justifiés.

S'il est de bon ton de faire preuve de compassion à l'endroit des gens qui ont traversé une catastrophe climatique et humanitaire, le fédéral n'a pas à lancer des opérations de rapatriement tous azimuts à chaque fois que des Canadiens sont en détresse.

Dans le cas de l'ouragan Irma, nous étions confrontés à une situation exceptionnelle qui a causé des ravages incroyables partout où il a frappé. Les Canadiens qui rentrent en se lamentant que leur pays les a « carrément laissé tomber » font preuve d'inconscience. Ceux qui se plaignent qu'ils ont dû passer des heures cloisonnés dans des sous-sols en attendant que la tempête ne poursuive son chemin, ils portent des lunettes roses. Ils doivent rajuster leurs attentes à la baisse et reconnaître que de partir en vacances dans les Caraïbes pendant la saison des ouragans, c'est courir le risque de voir son congé ruiné par les éléments et même, de mettre sa vie en jeu. Les ouragans sont un phénomène prévisible dans cette partie du monde. Les standards de l'industrie de la construction ne sont pas les mêmes que dans le nord de l'hémisphère où les cycles de gel et de dégel forcent l'aménagement de fondations solidement ancrées dans le sol, de portes et fenêtres d'une étanchéité inégalée, etc.

Dans le sud, et particulièrement dans les Caraïbes, les régions plus pauvres se contentent d'abris de fortune qui résistent de peine et de misère aux fortes bourrasques. Les réseaux d'infrastructure ne sont pas aussi résistants. 

Ils sont bien naïfs ceux qui pensaient traverser un ouragan bien à l'aise dans leur chambre, sous l'air frais d'un climatiseur. Quand tout chamboule autour de soi, il faut être prudent et suivre les conseils de sécurité des autorités compétentes. Et attendre que ça passe. Un peu comme nous le faisons, chez nous, pendant une tempête de neige historique. 

Tout ceci survient alors le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, pilote le projet de loi C-49 qui uniformiserait des droits pour les voyageurs. Dans ce cas, ce sont plus les compagnies d'aviation qui sont dans la mire du ministre, après des cas troublants de surréservation, d'aéronefs immobilisés pendant des heures sur la piste, des bagages perdus ou endommagés, etc. Ces initiatives relèvent du bon sens et auraient dû être adoptées plus tôt.

Les Canadiens voyagent de plus en plus. Ils doivent être mieux protégés face aux entreprises qui bafouent leurs droits. Cela ne leur garantit pas pour autant un service d'urgence, 24 heures par jour, 365 jours par an, partout dans le monde, en cas de catastrophe. Dans ce cas, un peu de bon sens doit s'appliquer et ça, ça ne se légifère pas.




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