Une élection révélatrice

Maison du Citoyen de Gatineau... (Martin Roy, Archives Le Droit)

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Maison du Citoyen de Gatineau

Martin Roy, Archives Le Droit

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ÉDITORIAL / La campagne électorale municipale à Gatineau démarre à peine. Les candidats ne sont pas encore tous connus. Mais déjà, il est possible de dire que ceux qui feront la course aux représentants d'Action Gatineau doivent fourbir leurs armes : ils seront confrontés à des adversaires férocement bien organisés, mieux que jamais dans l'histoire des municipalités de l'Outaouais.

Les partis politiques ont une bien courte histoire dans l'ouest du Québec. La première vraie et solide tentative, c'est celle d'Action Gatineau en 2013. Mais ses origines remontent à presque 10 ans déjà, alors qu'une poignée de militants de plusieurs horizons ont signé un manifeste, à l'automne 2008, qui a mené au « Groupe des cinq », puis à la création formelle d'Action Gatineau en vue de l'élection de novembre 2013. Tout au long de cette aventure, Maxime Pedneaud-Jobin a été au centre du mouvement. Il se représente donc à la mairie, en 2017, avec un long bagage d'expérience et de militantisme municipal. Cela ne lui garantit pas sa réélection, mais cela, plus d'autres éléments, fait de lui le candidat à battre.

Cette « avance » théorique dans l'opinion publique paraîtra étonnante pour ceux qui se souviennent des fortes résistances qui étaient exprimées, il y a quelques années à peine, face aux partis politiques. Pour chaque bienfait, quelqu'un répliquait avec un désavantage. Ça finissait toujours par tourner autour de l'indépendance des élus, du carcan des programmes politiques, l'imposition d'une pensée unique, etc.

Les quatre dernières années ont été révélatrices sur la vie politique gatinoise. Malgré un solide mandat à la mairie pour M. Pedneaud-Jobin, il a dû composer avec un conseil où les élus d'Action Gatineau étaient fortement minoritaires. Plusieurs enjeux se sont retrouvés dans une forme d'arbitrage entre les intérêts de conseillers indépendants majoritaires, compliquant passablement les choses pour le maire. Progressivement, il a réussi à coopter quelques indépendants, en les intégrant au comité exécutif ou en faisant le pont entre leurs priorités et les siennes.

On peut arguer que les Gatinois ont rejeté le modèle des partis politiques en 2013. Cette fois, une cohérence accrue est perceptible. Il y a derrière la bannière d'Action Gatineau une belle brochette de candidats qui partagent un programme électoral. Ils profitent déjà de l'organisation du parti : des affiches sont déjà déployées, les bénévoles clés identifiés  et la distribution des tâches bien amorcée, les enjeux locaux bien cernés. 

Devant cette muraille d'organisation sur le terrain, les indépendants risquent de trouver le temps long. Une femme, Sylvie Goneau, et trois hommes, Rémi Bergeron, Clément Bélanger et Denis Tassé, ont déposé leurs bulletins pour la mairie. Ajoutez à cela des dizaines d'indépendants dans les 18 quartiers municipaux de Gatineau. Plusieurs trouveront le temps long et les tâches nombreuses s'ils n'ont que quatre ou cinq bons bénévoles dans leur camp.

Plus importants encore, les enjeux sont multiples et parfois complexes. Lors d'assemblées citoyennes, ou devant les médias, il faut avoir des réponses nettes, réfléchies et sensées. Et à défaut qu'elles soient populaires, il faut avoir la couenne assez dure pour résister aux désaccords, voire aux quolibets. Sans compter la cour des groupes de pression pour faire pencher d'un côté ou de l'autre.

Il n'est pas facile de se lancer en politique. Tous ceux qui s'y lancent méritent, à défaut de notre admiration, notre respect. Les prochaines semaines seront cruciales pour tous leurs espoirs. Le Droit souhaite à tous bonne chance, car leur présence s'inscrit à la base de notre vie démocratique.




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