La vindicte inutile de Laferrière

La conseillère Denise Laferrière... (Simon Séguin-Bertrand, Archives Le Droit)

Agrandir

La conseillère Denise Laferrière

Simon Séguin-Bertrand, Archives Le Droit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

ÉDITORIAL / Les raisons de l'entêtement de la conseillère Denise Laferrière contre le projet du nouvel amphithéâtre à Gatineau sont difficiles à décoder. Pourquoi pousser le bouchon à bout s'il risque d'exploser et tout faire dérailler ?

Cela fait 12 ans que l'avenir de l'aréna Robert-Guertin fait la manchette à Gatineau. Tout a été étudié sous toutes les coutures : une rénovation, une construction sur le même site, une nouvelle construction en or (le Centre multifonctionnel), un investisseur privé, un centre multiglaces, etc.. Il y a eu un contrat sans appel d'offres avorté, des soumissions suspicieuses qui ont été signalées à l'Unité permanente anticollusion, des consultations publiques où les opposants se sont retrouvés en très forte minorité. Finalement, c'est l'option d'un organisme à but non lucratif pour gérer un centre multiglaces qui a été retenue. Il a fallu passer par un projet de loi privé du gouvernement du Québec... et tout semblait fermement ficelé au printemps dernier.

La vaste majorité des Gatinois, et le quotidien Le Droit, ont poussé un soupir de soulagement. Enfin une conclusion à cette interminable histoire municipale !

Mme Laferrière a été la seule qui a poursuivi son travail de sape. Ses collègues qui avaient des doutes - Denis Tassé, Louise Boudrias, Jocelyn Blondin et Sylvie Goneau - ont plié bagage en chemin. Elle s'est adressée aux tribunaux à propos d'une formalité, selon certains. Le projet de loi privé référait à la Loi sur l'autonomie des villes qui n'était pas encore adoptée lorsque la première l'a été, a expliqué l'avocat Jean-Carol Boucher, cet été.

Bref, un problème d'aiguillage. 

Les deux lois ont été adoptées, les citoyens ont largement eu l'occasion de se prononcer sur l'ensemble, puis sur les détails du projet de Vision multisports Outaouais pour la Ville de Gatineau.

S'il y a eu erreur, elle est sans conséquence. 

Cela ne sert que trois maîtres. Dans aucun ordre précis : les avocats qui s'enrichiront en plaidant des formalités qui, sans être dénuées de fondements, n'ont aucun effet réel sur la validité financière et juridique du projet d'amphithéâtre. Puis la rancoeur de certains dans l'industrie de la construction en Outaouais qui n'ont pas digéré que l'UPAC soit mêlée au dossier, il y a quelques années déjà. Et enfin, l'opposition farouche de la conseillère Laferrière à l'endroit du maire Maxime Pedneaud-Jobin. 

Cette opposition s'est verbalisée tout au long des quatre années du mandat que le maire termine ; en filigrane, il y a aussi cette impression que le secteur Hull que représente Mme Laferrière a été déshabillé pour acheter encore plus de vêtements pour le secteur Gatineau, qui héritera du nouveau complexe sportif. 

Les rancoeurs de la fusion municipale qui s'est concrétisée en janvier 2002 sont encore bien à l'oeuvre dans le coeur de certains Hullois... même 15 ans plus tard. 

Il faut savoir tourner la page.

Denise Laferrière n'a plus rien à gagner à poursuivre sur ce cul-de-sac idéologique. Elle a déjà signifié qu'elle ne se représenterait pas aux élections municipales. Elle est engagée dans une guerre de principes qui ne profitera à personne. La construction ira de l'avant, ont encore certifié hier les dirigeants de VMSO et le maire Pedneaud-Jobin - tout délai ne signifie que plus on attend, plus ça coûtera cher... et que les contribuables seront les dindons de cette mauvaise farce. 

La conseillère Laferrière a une bonne décision encore à prendre pendant son mandat d'élue municipale : celle de retirer sa plainte pour mettre fin à sa vindicte personnelle.




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer