Pour des tarifs uniformisés

Le président de la Commission scolaire des Draveurs... (Etienne Ranger, Archives Le Droit)

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Le président de la Commission scolaire des Draveurs (CSD), Claude Beaulieu

Etienne Ranger, Archives Le Droit

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ÉDITORIAL / En coûte-t-il vraiment 900 $ pour surveiller un enfant pendant l'heure du dîner pour toute l'année scolaire ? La Commission scolaire des Draveurs semble croire que oui.

Depuis deux ans, plus de 20 000 contribuables en Outaouais ont tourné le dos aux commissions scolaires francophones, et c'est la CSD qui a remporté la palme de ces pertes. Son président, Claude Beaulieu, aurait sans doute souhaité que cette histoire passe dans l'ombre. Il n'avait besoin de cette mauvaise publicité supplémentaire...

Mais voilà, la décision de facturer 900 $ par enfant pour les frais de surveillance du dîner revient à M. Beaulieu et les commissaires de la CSD, et ils doivent en porter la responsabilité. 

Déjà, l'écart entre la facture moyenne entre la CSD et la Western Quebec School Board atteint 500 $ par an. Beaucoup des contribuables qui ont transfèrent leurs taxes scolaires à la WQSB l'ont fait avec l'impression que les administrateurs de la CSD sont des incapables. Apprendre qu'ils ont approuvé une telle tarification pour les « enfants marcheurs » qui dînent à l'école, alors que la commission scolaire voisine n'exige que 250 $ par an, renforcera ce sentiment négatif. 

Cette tarification ne tient pas la route. Comment la Commission scolaire des Portages de l'Outaouais peut-elle fournir ce service de surveillance pour environ 1 $ par jour, et pas la CSD ? Comment la CSD peut-elle justifier une facturation majorée de 360 % ?

Nous ne parlons pas de services de pointe, d'activités spécialisées. Ce n'est pas un repas chaud livré par un traiteur haut de gamme -- les enfants doivent fournir leur nourriture ! Nous parlons ici de quelques surveillants du dîner, des gens qui travaillent au salaire minimum ou presque, et qui jettent un coup d'oeil sur quelques dizaines d'enfants qui prennent leur repas. 

Il n'est pas surprenant que la CSD ait été à peu près incapable de justifier cette tarification auprès d'un père de famille, Eric Di Tomasso, dont les propos ont été rapportés par notre collègue Justine Mercier, hier. 

M. Beaulieu et la CSD est en train de creuser sa propre tombe. Il faut dire qu'elle était déjà bien creuse avec la question de la taxation scolaire. Les efforts de M. Beaulieu de convaincre le ministre de l'Éducation, Sébastien Proux, d'imposer une tarification unique pour tout l'Outaouais -- de conférer un « statut particulier » pour de l'ouest du Québec en fait, sont demeurés lettre morte.

Cela dit, cette histoire invraisemblable de frais prohibitifs pour la surveillance du dîner rappelle, comme cela se fait au moment de toutes les rentrées scolaires, que l'école publique n'est pas gratuite du tout pour les familles du Québec. 

Confrontées régulièrement à des restrictions budgétaires, les écoles et les commissions scolaires rivalisent d'imagination pour soutirer de l'argent aux parents. 

Le magazine de consommation Protégez-vous, qui consacre justement un dossier à ces coûts, parle d'ailleurs du « Far West des frais scolaires ». Ses conclusions sont que ces frais « varient grandement d'une école à l'autre » et qu'il est « impossible d'avoir un portrait global de ces frais pourtant encadrés par le ministère ».

Le gouvernement du Québec, qui aime bien avoir la main haute sur ce qui se fait dans ses ministères, ferait bien d'uniformiser tout ça. Une photocopie, un cadenas et la surveillance du dîner, par exemple, devraient coûter la même chose aux quatre coins du Québec. 

Cela procurerait un répit aux familles d'enfants marcheurs de la Commission scolaire des Draveurs qui sont la cible de l'arbitraire des commissaires.




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