Il faut apprendre des inondations

« En Outaouais, [...] des dizaines de familles... (Patrick Woodbury, Archives Le Droit)

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« En Outaouais, [...] des dizaines de familles n'ont pas encore réintégré leurs foyers, et plusieurs pourraient bien ne jamais le faire si leurs domiciles se retrouvent dans des zones inondables 0-20 ans et si elles ont subi des dommages considérables », souligne l'éditorialiste Pierre Jury.

Patrick Woodbury, Archives Le Droit

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Crue historique en Outaouais
Crue historique en Outaouais

Tout sur la crue historique de 2017 »

ÉDITORIAL / Loin d'être farfelue ou abusive, l'idée d'une commission d'enquête publique sur les inondations de 2017 a du bon.

Cet outil démocratique pourrait faire la lumière sur cette catastrophe naturelle, sur sa genèse et le rôle des gouvernements locaux, provinciaux et fédéral avant, pendant et après la crise. 

Les commissions d'enquête servent davantage à démontrer comment des crises d'envergure surviennent, et comment la réponse s'est organisée. Cela ne permet pas d'identifier des coupables - pensons à la commission d'enquête Charbonneau sur la construction - mais à prévenir des crises en clarifiant et en approfondissant le rôle des organisations et des citoyens, par exemple.

En Outaouais, les conséquences des inondations du printemps sont loin d'être chose du passé. Des dizaines de familles n'ont pas encore réintégré leurs foyers, et plusieurs pourraient bien ne jamais le faire si leurs domiciles se retrouvent dans des zones inondables 0-20 ans et si elles ont subi des dommages considérables. Le gouvernement du Québec n'a pas encore terminé ses inspections des maisons sinistrées et ce n'est que par la suite que les demandes de dérogation seront étudiées. Pour les familles déplacées, l'hiver sera à nos portes et elles ne seront toujours pas fixées. 

La proposition d'une enquête publique fait l'objet d'une pétition instiguée par un Gatinois, Jason Leblanc, qui a vu deux de ses propriétés subir de lourds dommages. La pétition est parrainée par Chantal Soucy, députée de Saint-Hyacinthe pour la Coalition avenir Québec. Les citoyens ont jusqu'au 8 novembre pour signer la pétition mise en ligne sur le site de l'Assemblée nationale du Québec. Il n'y a aucune garantie que le gouvernement libéral y donnera suite mais la pression populaire pourrait encourager les troupes de Philippe Couillard, et particulièrement les cinq députés de l'Outaouais, à faire la lumière sur l'une des principales crises environnementales depuis 20 ans. 

Les partis d'opposition sont rapides à réclamer des commissions d'enquête, surtout dans l'espoir d'y piéger le gouvernement. Mais dans ce cas-ci, l'outil paraît à la mesure de la crise vécue en Outaouais, à Montréal et en Mauricie, notamment.

M. Leblanc s'interroge sur la gestion des barrages par Hydro-Québec sur le niveau d'eau de la rivière des Outaouais, notamment. Sa question est légitime et une commission d'enquête publique disposerait des ressources pour faire toute la lumière sur le sujet. 

Plusieurs victimes ont aussi pointé du doigt l'action des pouvoirs locaux pendant les inondations. Une analyse a posteriori et indépendante des actions des municipalités touchées pourrait nous fournir des enseignements utiles. 

Le gouvernement de l'Ontario pourrait aussi suivre les délibérations avec soin car plusieurs secteurs de l'Est ontarien ont aussi été affectées négativement. La gestion des bassins versants ne s'arrête pas aux frontières provinciales.

S'il paraît important de faire un post-mortem complet sur les inondations de 2017, c'est que les catastrophes naturelles semblent se multiplier. Peut-être est-ce dû aux effets des changements climatiques, ou à la négligence collective quant à la construction en zones inondables. Peut-être que les conséquences ont été si considérables en raison de la gestion de cette crise par nos autorités publiques et privées. Pour mieux comprendre ce qui s'est passé, pourquoi cela a été si perturbateur et pour faire toute la lumière sur 2017, une commission d'enquête publique paraît être un outil de choix. Maintenons la pression sur le gouvernement du Québec pour qu'il emboîte le pas.




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