Une vision réductrice

Le candidat à la mairie de Gatineau, Denis... (Patrick Woodbury, Archives Le Droit)

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Le candidat à la mairie de Gatineau, Denis Tassé

Patrick Woodbury, Archives Le Droit

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ÉDITORIAL / À peine lancé dans la campagne électorale à la mairie de Gatineau, Denis Tassé s'affaire déjà à en délimiter le principal enjeu : la vision de ce que doit être Gatineau.

La dernière fois, les contribuables gatinois se sont divisés selon certains thèmes : les premiers pas du Rapibus, l'appui ou non à un parti politique municipal... la vision du maire sortant Marc Bureau. 

Pendant plusieurs mois, on a cru que la concrétisation du nouvel aréna Robert-Guertin pourrait être l'un des enjeux électoraux, ou bien le projet des tours que le promoteur immobilier Gilles Desjardins entrevoit dans le quartier du Musée. Nous avions peut-être bien tout faux. Le candidat Tassé résume les enjeux municipaux à une seule chose : l'entretien des routes. À la question du déneigement et des nids-de-poule. À ses yeux, « les sondages sont clairs ; rues et déneigement [sont] les priorités des citoyens et moi, je vais parler au nom des citoyens. Mes priorités seront celles des citoyens. »

Cela a le mérite d'être clair, à défaut d'avoir de l'envergure et de la vision.

Cette analyse des priorités des citoyens rappelle pas mal le débat de 2005 entre Marc Bureau et le maire sortant de l'époque, Yves Ducharme. Ce dernier voyait grand pour Gatineau mais on lui a vite reproché ses liens avec les promoteurs immobiliers. Ça et le Forum économique Gatineau-Chine qui, à bonne partie à cause de la crise des commandites au fédéral, a englouti 364 000 $ de fonds publics en pure perte. Face à un maire ambitieux, M. Bureau s'est présenté comme celui qui concentrerait son action sur les « services de proximité ». Oublions les grandes conférences, les voyages à la Fédération canadienne des municipalités, oublions même la concertation à l'Union des municipalités du Québec et concentrons nos énergies à mieux gérer les services aux citoyens. Rappelons-nous de l'examen du budget « ligne par ligne » qui mises bout à bout, donneraient de l'oxygène aux contribuables étouffés par leurs impôts fonciers.

Denis Tassé veut s'inscrire dans cette même perspective de gestion, cette même vision municipale. Lui et certains de ses supporters ont été qualifiés du néologisme d'« asphaltistes », ce qui résume bien le point de vue. Concentrons-nous sur l'asphalte, il n'y a pas plus basique que ça.

Mais une ville de 275 000 habitants, c'est évidemment bien plus que de l'asphalte. Marc Bureau l'a lui-même constaté après qu'il a eu fini de scruter le budget municipal. Pour sa campagne de 2009, il s'est entiché du projet Destination Gatineau et a bûché fort, mais mal, pour livrer un « Centre multifonctionnel » aux Olympiques de Gatineau. Il n'avait toujours rien livré en 2013 et cet immobilisme, plus le fiasco du Rapibus, ont causé sa perte face à Maxime Pedneaud-Jobin.

Denis Tassé entre dans la course avec, comme M. Bureau en 2005, une vision d'« intendance », de petit gestionnaire qui met de côté les bibliothèques et les grandes réalisations pour se concentrer sur l'asphalte. 

Il se rendra vite compte que la quatrième ville du Québec, c'est bien plus que du bitume et son entretien. Que c'est une panoplie de services, parfois de quartier, parfois d'un peu plus d'ambition, qui exige des relations avec Ottawa la voisine, avec le fédéral, avec la Commission de la capitale nationale, avec l'UMQ, avec les ministères à Québec. 

Denis Tassé articule une vue réductrice de la chose municipale et ce serait bien dommage que la campagne électorale qui s'amorce ne se limite à des questions d'asphalte.




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