L'éléphant Brigil

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ÉDITORIAL / Il est quand même étonnant que supporters et adversaires d'une désignation patrimoniale pour le quartier du Musée discutent et discutent sans jamais parler clairement de l'éléphant dans la pièce, le projet des tours Brigil. Comme s'il n'existait pas.

D'un côté, on évoque le prétexte que le projet du promoteur immobilier Gilles Desjardins n'a pas été déposé à la Ville de Gatineau, une excuse bien pratique pour éviter des questions embarrassantes.

De l'autre, on patine autour des tours Brigil pour se concentrer sur les intérêts historiques de ce coin du secteur Hull. 

Pourtant, les motivations des uns comme des autres ne sont probablement pas aussi évidentes qu'on veut en laisser paraître.

Disons-le autrement. On se sert du quartier du Musée et de sa discutable valeur patrimoniale pour ne pas laisser transparaître que l'on est pour ou contre le projet Brigil.

La Ville de Gatineau a amorcé, hier, une consultation publique sur la pertinence de désigner le secteur, en tout ou en partie, zone patrimoniale protégée. Si cela devait être adopté au conseil municipal, cela serait plus ou moins la fin du projet Brigil qui prévoit la destruction d'une dizaine de propriétés dans le quadrilatère des rues Laurier, Papineau, Élisabeth-Bruyère et Notre-Dame-de-l'Île. Il serait alors interdit de procéder à des modifications de ces propriétés dont la valeur historique varie selon le point de vue.

L'historienne Michelle Guitard a récemment défendu dans ces pages (« Un quartier aux profondes racines », Le Droit, 11 juin) que 44 des propriétés des environs « précèdent le grand incendie de 1900 ». Elle a rappelé que sur ce lieu s'est dressée la première paroisse catholique française et que les artisans, puis la noblesse locale y a élu domicile. 

Pour la Chambre de commerce de Gatineau, « la priorité est de créer des emplois en investissant dans les zones urbaines » et une désignation d'une zone patrimoniale protégée agira comme contrainte indue pour les entrepreneurs qui voudraient y investir. Dans le communiqué de presse qu'elle a émis, hier, elle aussi réussit à donner son avis sans jamais mentionner le projet des tours Brigil, ni M. Desjardins.

L'histoire et le tissu urbain face au capitalisme et au libre marché. 

Le moment n'est pas anodin non plus. Le maire sortant Maxime Pedneaud-Jobin voudrait se servir de cet enjeu de développement urbain pour mobiliser ses appuis en vue des élections municipales à l'automne, il ne s'y prendrait pas différemment. 

Campeau et Desmarais

Le départ de Robert Campeau marque la fin d'une époque. Il faut contempler son oeuvre financière avec celle de Paul Desmarais, qui est disparu en 2013. L'un et l'autre auront été les deux plus grands hommes d'affaires que l'Ontario français a jamais connu. Chacun dans son domaine, en parallèle, et avec des styles totalement différents. Si M. Desmarais, ancien propriétaire du quotidien Le Droit, était d'une discrétion exemplaire, Robert Campeau s'est fait connaître avec ses coups d'éclat avec l'achat des magasins Macy's, ses grandes constructions comme Place de Ville, les Terrasses de la Chaudière et des milliers de foyers à Ottawa et ailleurs. 

Y en aura-t-il d'autres aussi marquants? Il faut l'espérer pour la force d'exemple qu'ils auront représenté.




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