Double virage à la FCFA

Jean Johnson a été élu à la présidence... (Martin Roy, Le Droit)

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Jean Johnson a été élu à la présidence de la FCFA, samedi.

Martin Roy, Le Droit

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ÉDITORIAL / Les débats à la Fédération des communautés francophones et acadienne font rarement les manchettes. Ses querelles intestines non plus. Ainsi, il est facile d'ignorer la nouvelle de l'élection d'un nouveau président, Jean Johnson, qui a eu lieu samedi à Ottawa. Mais pour les communautés minoritaires aux quatre coins du pays, les gains et les défaites enregistrés par la FCFA font des différences dans la vie au quotidien, que ce soit en éducation, en santé, en services de garde d'enfants, en immigration, en développement économique, etc.

C'était la première fois qu'une présidente sortante devait subir le test d'une élection; d'ordinaire, le principal élu de la FCFA a les coudées franches de poursuivre au-delà de son premier mandat de deux ans. Il est difficile de livrer du concret en 24 mois de représentations; ce fut d'autant plus difficile pour la présidente Sylviane Lanthier qu'elle a dû composer avec l'élection d'un nouveau gouvernement obsédé par les consultations qui ont eu pour conséquence de paralyser la machine. La ministre du Patrimoine, Mélanie Joly, prend une éternité pour bien connaître les revendications de multiples communautés minoritaires au pays... mais en attendant, bien peu se concrétise sur le terrain. Ce grand dialogue doit se poursuivre encore une bonne année. La FCFA n'a pas fini de crier au loup!

Dans plusieurs provinces, les associations de francophones ont témoigné leur impatience. Mme Lanthier s'est retrouvée dans une position attentiste et elle en a payé le prix lorsque l'Albertain Jean Johnson a dévoilé ses intentions de briguer la présidence. Son message principal? Celui d'un homme d'action. Pas difficile de lire entre les lignes que Mme Lanthier était associée à... l'inaction. Souvent bien malgré elle. 

Conjointement à ce virage, il y a aussi celui à la direction générale. Suzanne Bossé a quitté fin 2016, et Alain Dupuis, un jeune leader Franco-ontarien, accompagnera le nouveau président. 

Cette dichotomie entre action et inaction, entre négociation et revendication est au coeur du dilemme constant que vit la FCFA. D'un côté, la FCFA a la main tendue vers Ottawa pour obtenir du fédéral des fonds qui serviront à la fois à son propre fonctionnement et à financer des services pour les communautés francophones du pays. Le proverbe dit que l'on n'attire pas les mouches avec du vinaigre. La FCFA doit mesurer les reproches qu'elle lance au gouvernement fédéral car s'il y en a trop, il peut retarder à sortir son chéquier. Sylviane Lanthier a-t-elle été trop conciliante, trop patiente devant les hésitations d'Ottawa? Plusieurs représentants des communautés francophones le croyaient. Lorsqu'est venu le moment du vote, samedi, elle n'a glané que 9 des 18 votes exprimés. Sentant que le tapis lui glissait sous les pieds, elle aurait dû faire la chose honorable et se désister. Son leadership était déjà suffisamment meurtri. Un second vote, quelques minutes plus tard, a scellé l'issue: M. Johnson se voyait confier la présidence.

Nous verrons si son approche d'action sera plus bénéfique. La tâche est ardue: on viste stimuler l'immigration francophone à destination des communautés minoritaires, sans succès. Le gouvernement Trudeau n'a montré aucun appétit à s'immiscer dans la désignation bilingue d'Ottawa. Les médias qui desservent les minorités crient à l'aide, mais rien ne vient. Et la Loi sur les langues officielles continue d'être bafouée... et il n'y a même pas de commissaire pour sonner l'alarme.

Jean Johnson arrive à la tête de la FCFA avec les meilleures intentions du monde. Souhaitons-lui bonne chance, il en aura besoin.




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