L'ego de Trump  avant le climat

Le président américain Donald Trump... (AFP, NICHOLAS KAMM)

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Le président américain Donald Trump

AFP, NICHOLAS KAMM

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ÉDITORIAL / Du haut de sa tour à New York, Donald Trump ne voit pas les changements climatiques ni Paris. Pas plus de la fenêtre de sa chambre à la Maison-Blanche. Ou de son club privé Mar-a-Lago, en Floride. Cela lui permet de tourner le dos à l'Accord de Paris de 2015 qui, pour l'une des rares fois, avait obtenu un assentiment presqu'universel. Qu'il soit la cible de l'opprobre populaire aux quatre coins du globe, M. Trump n'en a rien à faire : il est sûr de lui et de ses idées... jusqu'à ce qu'il les change pour des raisons parfois obscures.

Tout ce débat ne pèse pas aussi lourd dans la balance que deux éléments chers à M. Trump. D'abord, le principe qu'il tient ses engagements électoraux. Personne ne devrait être étonné de cette volte-face des États-Unis sur l'Accord de Paris. Il en avait largement parlé pendant sa course à l'investiture républicaine, puis en campagne électorale. À ses yeux, le virage économique stimulé par les changements climatiques s'est pas mal fait sur certains états comme ceux de la « Rust Belt », qui s'étend de Chicago aux côtes nord-est de l'Atlantique,  qui l'ont propulsé à la Maison-Blanche. En ignorant Paris, il soigne sa base d'électeurs, seconde priorité.

Le président compte parmi ces milliers de climato-sceptiques, aux États-Unis... et au Canada. À leurs yeux incrédules, si le réchauffement climatique existe bel et bien, cela fait simplement partie des cycles normaux et inévitables de la Terre. Ou encore, que cela ne représente pas la menace que certains disent, et que ça ne vaut pas la peine de virer l'économie à l'envers pour quelques dixièmes de degrés Celsius ou quelques centimètres de plus du niveau des océans. Ça ne les affectera pas le moins du monde. Et le moins dérangé de tous par ces changements climatiques sera M. Trump, regardant cela du haut de son gratte-ciel. 

Nous pouvons en dire presqu'autant du nouveau chef du Parti conservateur du Canada. Andrew Scheer n'habite pas dans une prestigieuse tour d'habitation avec son épouse et ses cinq jeunes enfants, mais il ne partage pas moins le point de vue de Donald Trump sur ce sujet. Pour d'autres raisons : ce parti est maintenant très inféodé à une large base d'électeurs dans l'Ouest, en Alberta, mais aussi en Saskatchewan. La base industrielle de ces provinces repose en bonne partie sur l'industrie pétrolière et gazière, des milliers d'emplois en dépendent, et ils attendent depuis quelques années déjà que les prix des ressources pétrolières repartent à la hausse. Sacrifier cette fragile reprise pour lutter quelque chose qu'on ne perçoit pas et prolonger la souffrance à des milliers de familles ? Que non ! Même le premier ministre Justin Trudeau, pourtant signataire heureux de l'Accord de Paris, tente de sauver la chèvre et le chou en appuyant des projets d'oléoducs pour aider au transport de la ressource.

Donald Trump, lui, n'a que faire de sauver les apparences de chèvre et de chou. Il l'a claironné nettement lors de son discours inaugural : « l'Amérique en premier ! » 

Mais il reste un espoir de revirement. M. Trump n'est pas dogmatique. Le premier de ses soucis, c'est son ego. Il suffira d'une crise environnementale, idéalement en sol américain, pour qu'il change d'avis. À preuve : il se désintéressait totalement de la Syrie. Un arrosage de gaz chimique et des cadavres d'innocents enfants l'ont poussé à intervenir. Ce président n'est qu'à un tweet d'une autre volte-face. Tout n'est peut-être pas perdu.




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