Un autre bien petit pas...

Les progrès pour la communauté francophone d'Ottawa, qui... (Patrick Woodbury, Le Droit)

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Les progrès pour la communauté francophone d'Ottawa, qui continue de lutter pour ses droits, sont rares.

Patrick Woodbury, Le Droit

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ÉDITORIAL / Avec la fusion municipale à Ottawa, en 2001, les francophones ont réalisé qu'ils étaient plus minoritaires que jamais auparavant. Ils n'ont obtenu en guise de reconnaissance qu'une « politique » fragile. Une tentative d'en durcir l'application, en 2005, s'est soldée par un quasi-échec. En 2017, la députée Nathalie Desrosiers, pas pleutre mais confrontée aux mêmes embûches que sa prédécesseure Madeleine Meilleur, s'enligne vers un autre quasi-échec avec le projet de loi privé qu'elle a déposé, hier à l'Assemblée législative de l'Ontario.

Habitués (ou forcés) de se contenter de petits pas, tout indique que trois années de mobilisation des Franco-ontariens se soldera avec un autre... petit pas. Ce n'est pas inutile mais n'offre qu'un mince espoir d'enchâsser les avancées du français dans la capitale.

Il faut se satisfaire de peu pour se réjouir que soit reconnu le caractère bilingue d'Ottawa, et une référence à la Loi sur les services en français de l'Ontario. Ce seront de bien timides prises pour un éventuel élargissement des services en français à Ottawa.

C'est au lendemain des États généraux de la francophonie d'Ottawa en 2012 qu'est revenue l'idée de modifier la loi sur la Ville d'Ottawa à Queen's Park. La cible était que tout soit en place en 2017, année symbolique du 150e anniversaire de la Confédération. Un des objectifs visait une déclaration officielle à l'effet qu'Ottawa, capitale d'un pays bilingue, soit elle-même bilingue. Cela tombe tellement sous le sens que plusieurs s'imaginent que cela a toujours été le cas... 

Mais une telle reconnaissance s'est heurtée dès le départ à un ressac discret mais efficace d'anglophones inquiets qu'ils subissent des reculs. Ils craignent que le bilinguisme « fédéral », avec ses postes désignés, ses coûts et quoi encore, ne s'applique au niveau de la ville... 

Pour eux, le statu quo est bien suffisant. L'un des politiciens qui incarne ce statu quo est le maire Jim Watson. Mais il ne devrait pas être le seul ciblé : plusieurs des conseillers n'en pensent pas moins, et les Franco-ontariens ont parfois été bien maladroits à faire valoir leur point de vue auprès d'eux. Nous sommes ici dans l'arène politique et les règles du jeu n'y sont pas nécessairement le bon sens, la logique ou la morale.

Les services en français existent bel et bien dans la capitale. La Ville d'Ottawa respecte une politique d'affichage dans les deux langues officielles, l'accueil dans les bureaux municipaux est généralement offert tant en français qu'en anglais. Les francophones peuvent s'exprimer dans leur langue maternelle s'ils se présentent aux élus - qui, en majorité, ne les comprendront pas mais verront à décoder leur message. Il n'y a pas de francophobie au sein de l'appareil municipal, au plus de frustrantes omissions. Ce qui fait dire au maire Watson que la politique en place fonctionne somme toute assez bien. 

Ce n'est pas ce qu'estiment bien des francophones à Ottawa. Ils n'ont jamais réussi à l'en convaincre du contraire et l'espoir de le faire en 2017 se limite à de timides progrès. 

Comme le projet de loi privé que la députée d'Ottawa-Vanier avait promis de déposer, en campagne électorale. L'argument pour élargir l'espace francophone semble ténu. 

Même le maire Jim Watson n'y croit pas. Cela doit être que ça lui paraît inoffensif. Et c'est ce que certains célèbrent comme un pas en avant ? Est-ce pour si peu que 1000 personnes ont tenu une marche de ralliement, hier ?




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