Qu'espérer d'une bien terne course?

Maxime Bernier et Kevin O'Leary... (La Presse canadienne)

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Maxime Bernier et Kevin O'Leary

La Presse canadienne

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ÉDITORIAL / Au terme d'une course à la direction longue de neuf interminables mois, le Parti conservateur du Canada couronnera un nouveau chef samedi. Ce n'est pas trop tôt!

Certes le parti n'avait pas d'urgente raison à choisir un successeur à Stephen Harper: les prochaines élections fédérales ne sont prévues qu'à l'automne 2019 et le nouveau chef aura tout le temps nécessaire pour rebâtir le programme, galvaniser les troupes et les membres et offrir une solide opposition au gouvernement libéral.

Ce fut une bien bizarre course alors que les principaux ministres senior de la dernière décennie ont boudé l'opportunité, comme James Moore, John Baird ou Rona Ambrose. Jason Kenney a choisi la politique albertaine. Cela a laissé le champ libre à des candidats moins expérimentés, aux états de service sans lustre. Pour l'étincelle, la vedette de télévision Kevin O'Leary a fait brièvement campagne avant de se retirer, supposément à cause de son ignorance du français. Mais il n'a jamais réellement fait campagne et a finalement offert son appui à Maxime Bernier.

Ce candidat québécois s'est finalement imposé comme le leader parmi 13 prétendants. Certains le reconnaissent en raison de son approche à la politique radicalement différente: sa distribution de gâteaux Vachon à des militaires canadiens au Moyen-Orient, une chansonnette publicitaire primaire, une affiche trafiquée le montrant en personnage «Mad Max», etc. D'autres l'associent à des positions idéologiques radicales, proches de l'extrême droite libertarienne qui propose un rôle minime pour les gouvernements. Il s'oppose à l'aide financière aux entreprises, veut mettre fin aux transferts fédéraux aux provinces, milite contre la gestion de l'offre qui bouleverserait les industries du lait et de la volaille.

Bien des conservateurs anglophones l'appuient avec l'illusion que M. Bernier pourrait recueillir des votes au Québec et ramener le PC au pouvoir. Ils font gravement erreur. S'il est connu des Québécois, Maxime Bernier ne jouit pas de l'estime de ses compatriotes qui le considèrent comme un joker de la politique, un homme superficiel qui ne possède pas l'autorité morale et intellectuelle pour diriger le Canada.  Mais d'autres ont dit la même chose de Justin Trudeau et regardez où il est rendu...

En l'absence de gros noms pour galvaniser l'opinion publique, la course conservatrice a fini par être terne. Les Canadiens l'ont ignorée alors qu'une demi-douzaine de candidats n'avaient tout simplement pas les qualités nécessaires pour briguer la direction d'un parti national. Il faut se demander pourquoi les Brad Trost, Deepak Obrai, Pierre Lemieux, Rick Peterson, Steven Blaney et autres Andrew Saxton ont persévéré jusqu'à la fin. Leur présence équivaut à de la friture sur une ligne téléphonique. 

La course à la direction aura au moins servi à montrer qu'il y avait dans les rangs conservateurs quelques ambitieux comme Chris Alexander, Michael Chong, Andrew Scheer et Erin O'Toole, sans oublier les deux femmes sur les rangs, Kellie Leitch et Lisa Raitt. 

Alexander, qui avait été présenté comme une vedette montante du PC à son arrivée en politique, n'a pu se démarquer. Dans son cas, la déception se poursuit. 

Au final, ce seront peut-être Scheer et O'Toole qui feront la bataille à Maxime Bernier. Les membres devaient mettre leurs choix en ordre. Le Parti conservateur se retrouverait ainsi avec le meilleur second choix de tous, mais le premier choix de personne? Cela n'aurait pas été le cas si les ténors du gouvernement Harper et quelques outsiders comme Brad Wall et Bernard Lord avaient joint la course...




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