Phénix: enfin des moyens!

Le coût du transfert vers le système de... (Martin Roy, Archives Le Droit)

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Le coût du transfert vers le système de paie Phénix était évalué à 310 millions $. Nous en sommes maintenant à 402 millions $.

Martin Roy, Archives Le Droit

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ÉDITORIAL / Jusqu'ici, chaque annonce prédisant un règlement du système de traitement de la paie Phénix sonnait un peu faux. Cette fois, et c'est sans doute en raison de l'ampleur des moyens que le gouvernement fédéral se donne, les Canadiens auront l'impression que notre fonction publique possède maintenant les moyens et les ressources pour régler une fois pour toutes un problème qui n'aurait jamais dû exister.

Après tout, le Canada ne figure pas dans la liste de ces pays chancelants, aux revenus incertains et avec une fonction publique qui est payée de temps à autre, selon des critères aléatoires. Nul Canadien n'accepterait un emploi où le salaire est versé, ou pas, de façon précise, ou pas. Ce n'était pas plus acceptable pour les fonctionnaires, même si plusieurs contribuables trouvent que la gestion de l'État leur coûte trop cher en impôts.

Hier donc, Ottawa y est allé avec l'annonce de moyens substantiels : 142 millions $ supplémentaires pour les deux prochaines années, et l'embauche de 200 nouveaux agents de rémunération -- si possible des gens qui occupaient ces mêmes postes avant d'être remerciés par le gouvernement conservateur de Stephen Harper.

Ce dernier a souvent paru obsédé par l'idée de réduire la fonction publique canadienne, mais il ne faut pas mettre toutes les erreurs de Phénix sur ses épaules. Ce que tentent toujours de faire les libéraux, et Steven MacKinnon en particulier. Le député de Gatineau a eu la tâche ingrate d'annoncer le plus récent train de mesures pour la ministre des Services publics et de l'Approvisionnement. Il n'a pas loupé l'occasion de faire porter le bonnet d'âne aux conservateurs. Mais cela fait tout de même 18 mois que les libéraux sont au pouvoir et dès leur entrée en poste, ils ont laissé aller la réforme du système de paie malgré les avertissements nourris des dirigeants syndicaux qui leur annonçaient une telle crise. 

Mais il n'est pas populaire d'écouter des syndicalistes, surtout quand ils prédisent la fin du monde. À force de crier au loup... Mais cette fois, c'était bien vrai.

Cela fait plusieurs mois que les contribuables ont réalisé que les promesses d'économies de Phénix ne se matérialiseraient pas avant des années. Le coût du transfert vers le nouveau système était évalué à 310 millions $. Nous en sommes maintenant à 402 millions $. Il faudra bien de la patience avant de voir ces économies. Mais pour l'heure, ce ne sont pas les économies futures qui comptent mais simplement d'avoir en place un système d'émissions des paies efficace et précis. En France, où les travailleurs sont marqués par une tradition de revendications, cela ferait belle lurette que les fonctionnaires seraient descendus dans la rue ! Le Canada peut se conforter d'avoir pu compter sur des fonctionnaires dévoués qui ont traversé ces désagréments avec une relative philosophie.

Les libéraux semblent enfin convaincus qu'il y a des limites à ce que l'on peut faire avec l'informatique. Les transitions de cette importance, avec 200 000 usagers et des paies émises toutes les deux semaines, auraient dû être approchées avec une prudence extrême. L'appétit des conservateurs pour dégraisser l'appareil fédéral et la perspective d'économies les a trompés. Les libéraux qui sont arrivés en relève ont jusqu'à tout récemment espéré qu'un petit correctif, puis un autre suffirait à la tâche. Ils ont également eu tort. Souhaitons maintenant que ce soit le début de la fin de la catastrophe de Phénix. Cette histoire n'aurait jamais dû arriver.




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