Un geste fou, un rappel pour nous

Les réactions publiques à la tragédie de Manchester... (Agence France-Presse)

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Les réactions publiques à la tragédie de Manchester ont été des concerts unanimes pour décrier la gratuité du geste, l'innocence des victimes et l'incongruité d'une telle attaque.

Agence France-Presse

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ÉDITORIAL / Une autre attaque à la sauce terroriste vient de se produire. Le Royaume-Uni est particulièrement affecté, et avec raison, de cette bombe portée par un kamikaze à la sortie d'un spectacle de musique pop à Manchester, dans le centre-ouest du pays. Encore une fois, nous essayons de comprendre l'incompréhensible, de décoder l'inexplicable.

Personne n'est à l'abri d'un geste sans raison. Si Manchester a été touché lundi, si Nice l'a été un 14 juillet, si Le Caire, Damas, Orlando et Berlin ont été touchées -- juste en 2016 ! --, nous ne le sommes pas davantage. Il y a eu quelques tentatives en sol canadien, quelques loups solitaires s'en sont pris à des militaires à Ottawa et Saint-Jean-sur-Richelieu, des fous d'Allah mal équipés, mal planifiés et illuminés dans leur délire. 

Nous ne pouvons passer sous silence l'attaque contre la Grande mosquée de Québec, en janvier dernier, qui a fait six morts au sein de la communauté musulmane mais elle s'est produite pour des raisons totalement inverses.

Encore une fois, les réactions publiques à la tragédie de Manchester ont été des concerts unanimes pour décrier la gratuité du geste, l'innocence des victimes et l'incongruité d'une telle attaque. S'en prendre à des jeunes à la sortie d'un concert ne réglera rien, ne fera progresser aucune cause. Daesh, ou État islamique, a rapidement revendiqué l'attentat même si son rôle pourrait être très mineur dans le geste fou de Salman Abedi, un Britannique de 22 ans d'origine libyenne. Jusqu'à ce lundi fatidique, il semblait avoir mené une existence sans histoire, rien qui pourrait d'un premier abord expliquer une telle fureur meurtrière.

Un peu partout, les chefs d'État ont d'abord réagi en exprimant leur tristesse et leur solidarité avec les victimes. 

Mais il faut aller plus loin.

La compassion est nécessaire, certes, mais chacun de ces attentats doit servir de rappel des mesures que les autorités doivent mettre en place pour prévenir d'autres attaques terroristes. Évidemment, aucun pays n'est à l'abri, le Canada pas plus que les autres. Il y a trop de lieux publics, trop d'espaces largement fréquentés pour pouvoir mettre les populations à l'abri. Il faudrait des gardes armés à toutes les intersections, à toutes les heures du jour, partout. C'est irréalisable, tant d'un point de vue logistique que financier. Ceux qui caressent des rêves de terrorisme le savent bien et en profitent. Comme à Manchester.

Il existe cependant certaines manières de dépister les détraqués. Elles ne sont pas sans failles. Nos gouvernements les utilisent déjà ; nos agences d'espionnage, le Service canadien du renseignement de sécurité et le Centre de sécurité des télécommunications (et ceux de nos alliés), nos corps policiers, tous disposent d'amples moyens personnels et techniques pour identifier ceux et celles qui pourraient être tentés de devenir des martyrs, que ce soit pour la cause d'Allah ou n'importe quelle autre. 

Ont-ils suffisamment de ressources ? Encore là, il n'y a pas de fin à l'ampleur des moyens que l'on peut utiliser, et aux gens pour les faire fonctionner. Au Canada, les autorités ont réussi à déjouer quelques complots, comme ceux du «Toronto 18» et du duo Esseghaier-Jaser contre Via Rail. La relative paix dont nous jouissons, ici, est le résultat du travail concerté de toutes les agences de lutte au terrorisme. L'attaque contre Manchester doit entre autres servir d'encouragement à poursuivre leur bon travail, tout en rappelant aux Canadiens qu'une saine vigilance est toujours de mise.




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