Il faut baliser l'aide aux sinistrés

Les victimes ont déjà assez souffert, il est... (Patrick Woodbury, Le Droit)

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Les victimes ont déjà assez souffert, il est maintenant venu le temps de voir comment la vie reprendra.

Patrick Woodbury, Le Droit

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Le gouvernement du Québec a annoncé, mercredi, une bonification des aides financières pour les sinistrés des inondations printanières. Il n'y est pas allé timidement et les montants maximum qui pouvaient être perçus ont été majorés de 159 000 à 200 000 $, et un peu plus encore. Le premier ministre Philippe Couillard, qui a multiplié les présences sur le terrain dans plusieurs des régions affectées au cours des trois dernières semaines, donne toutes les indications qu'il tiendra son engagement à l'effet que son gouvernement, qui était présent pendant les inondations, y sera encore lorsque l'eau aura retrouvé son lit.

Les milliers de dollars que l'État versera aux victimes représentaient la moindre des choses à faire dans les circonstances. D'ailleurs, les critiques de ces programmes d'aide n'ont pas été nombreuses. En période de crise, on se serre les coudes et on multiplie les gestes d'entraide parce qu'on se dit que si c'était nous qui étions dans les souliers des inondés, nous voudrions être traités avec la même sollicitude.

Cela dit, il y a une manière de faire les choses.

Plus tôt cette semaine, Le Droit a encouragé les compagnies d'assurance et les autorités qui ont un rôle à jouer dans le dédommagement des victimes à ne pas multiplier les délais pour des raisons tatillonnes. Les victimes ont déjà assez souffert, il est maintenant venu le temps de voir comment la vie reprendra.

Ce qui ne signifie pas que l'ensemble des sinistrés recevront l'équivalent d'un chèque en blanc pour compenser leurs pertes matérielles, tant pour les bâtiments que leurs biens.

Le débat sur les constructions dans les zones inondables, qui se poursuit depuis plusieurs années, a repris de plus belle dernièrement. Avec raison. Les catastrophes naturelles qui s'abattaient sur nous tous les 25, 50 ou 100 ans semblent revenir plus souvent. Certains y voient les conséquences des changements climatiques. Nous n'en serions pas surpris outre mesure.

Mais un consensus émerge progressivement : si la solidarité doit s'exprimer pour alléger le fardeau des victimes en zone inondable, faut-il pour autant permettre aux sinistrés d'encore se placer en situation de vulnérabilité ? Peut-on leur permettre de reconstruire une autre maison vulnérable sur le même terrain ? Existe-t-il une limite aux droits acquis associés à une propriété, sur un terrain précis ? 

Les contribuables québécois qui paieront la note que le premier ministre a estimée à 350 millions $ ont-ils le droit de soulever les conditions particulières des constructions en zone inondable sans passer pour des ingrats et des Séraphin ? Cela s'est fait de bon coeur lors de la crise du verglas, en 1998, après les inondations de 2011 en Montérégie, et encore cette année. Mais que faudra-t-il penser si Dame Nature s'énerve encore... dans deux ans, ou trois ? 

Est-il donc acceptable d'imposer des critères de construction plus restrictifs à certains sinistrés, voire des interdictions de reconstruire ? Cela équivaut à un ordre de déménager... 

En entrevue au 104,7 FM, hier, le conseiller municipal Richard Bégin a reconnu que la Ville de Gatineau y songe. La réflexion doit se faire rapidement. 

Il existe des options sur la table, mais les citoyens qui ont été inondés n'ont qu'une idée en tête : nettoyer, reconstruire, réaménager pour retrouver un semblant de vie normale. Ce désir doit aussi être celui des autorités qui doivent redoubler d'ardeur pour prendre les bonnes décisions rapidement, dans l'intérêt des victimes... comme dans l'intérêt des contribuables.




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