Commissaire Madeleine?

Madeleine Meilleur... (Martin Roy, archives Le Droit)

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Madeleine Meilleur

Martin Roy, archives Le Droit

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ÉDITORIAL / Après une pause de moins d'un an, Madeleine Meilleur s'apprêterait à relever un nouveau défi comme Commissaire aux langues officielles. Ce serait une excellente nouvelle pour les Franco-ontariens qui ont déjà vu l'une des leurs, Dyane Adam, occuper ce poste névralgique pour les communautés linguistiques minoritaires du Canada.

Pendant 13 ans, cette infirmière et avocate a occupé le siège de ministre responsable des Affaires francophones au cabinet en Ontario. Elle y a évidemment acquis une connaissance pointue de tous les enjeux de ses concitoyens de langue française. Elle avait aussi des contacts réguliers avec ses homologues des provinces, et avec la francophonie mondiale.

Mme Meilleur, longtemps députée d'Ottawa-Vanier, ne s'est pas contentée d'occuper le poste en dilettante. Elle a piloté de nombreux investissements à tous les niveaux de l'éducation scolaire francophone, en justice, mais aussi gagné l'indépendance de TFO et celle du Commissaire aux services en français. Elle a appuyé, autant qu'elle le pouvait, les initiatives d'Ottawa, ville bilingue, et d'une future Université franco-ontarienne. Ses états de service sont étincelants.

Mais il est légitime, du même souffle, de s'interroger sur les motivations de Mme Meilleur pour un mandat long de sept années. À 68 ans bien sonnés - bien qu'elle ne les fasse pas ! - et une carrière irréprochable, qu'a-t-elle à gagner à assumer de telles fonctions si exigeantes ? 

Par ailleurs, Justin Trudeau prêterait flanc à nommer une si fière libérale. Même si la fonction n'a rien de politique, son gouvernement a mis en place un nouveau mécanisme de nominations. Les 28 personnes qu'il a nommées au Sénat étaient libres de toute allégeance partisane. En appuyant Mme Meilleur, le premier ministre rompt avec cette bonne nouvelle habitude. C'est pourquoi la rumeur concernant l'ex-ministre a été si mal reçue par l'opposition néo-démocrate, cette semaine. Cela augure mal pour le travail de collaboration non partisan requis du Commissariat aux langues officielles, dont la nomination se fait d'habitude avec l'assentiment de la Chambre des communes.

D'autres personnes sont aussi considérées pour le poste que Graham Fraser a quitté en décembre dernier. Il y aurait l'Acadienne Marie-Claude Rioux, présentement à la tête de la Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse. Jamais le Commissariat n'a-t-il compté sur un dirigeant des provinces de l'Atlantique ou de l'Ouest canadien. Il y a aussi François Boileau, qui amorce sa sixième année comme Commissaire aux services en français en Ontario. Si le dossier de l'Université franco-ontarienne a décollé, c'est beaucoup grâce à son travail. Il a aussi été actif, notamment, dans les dossiers de l'offre active des services en français, et des pressions pour désigner plus de régions ontariennes au plan des services en français.

De tels leaders communautaires incarnent, à l'instar de Justin Trudeau lui-même, l'émergence d'une nouvelle génération de meneurs francophones au pays, et une sensibilité aux défis des générations qui prennent leur place en société. 

Défenseur des intérêts des 611 000 Franco-ontariens et plus largement, du français en Ontario, le quotidien Le Droit estime que la communauté franco-ontarienne a tout à gagner à ce que le Commissariat aux langues officielles soit doté par une personne issue de ses rangs. Jamais les francophones de l'Ontario n'ont joué un si grand rôle dans leur province, dans leur pays. À bien des niveaux, elles constituent un exemple pour les communautés minoritaires du Canada. En 2017, le prochain Commissaire aux langues officielles devrait être de l'Ontario.




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