Dure semaine pour Couillard

On comprend le premier ministre d'être frustré, comme... (Archives, La Presse)

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On comprend le premier ministre d'être frustré, comme il l'a qualifié hier dans une tournée en Abitibi, devant ce concert d'allégations sur les libéraux d'antan.

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ÉDITORIAL/ Philippe Couillard ne doit pas être fâché que la semaine soit terminée... Alors qu'elle devait être consacrée à l'étude des crédits budgétaires, les libéraux et lui ont été appelés à gérer crise après crise après crise sur les agissements de leurs prédécesseurs, Jean Charest en tête.

On comprend le premier ministre d'être frustré, comme il l'a qualifié hier dans une tournée en Abitibi, devant ce concert d'allégations sur les libéraux d'antan.

Depuis son accession à la direction du Parti libéral, Philippe Couillard a toujours insisté qu'une éthique sans faille serait la marque de son gouvernement. S'il tenait ce discours, c'est qu'il avait bien entendu les rumeurs sur le Parti libéral à ce chapitre. Le Québec sortait à peine des multiples révélations entendues à la commission Charbonneau. 

Le premier ministre a cependant raison de marteler que rien ne peut être reproché à son gouvernement au plan de l'éthique. 

Mais il doit aussi reconnaître que les allégations qui sont soulevées à gauche et à droite ne réfèrent pas à de l'histoire ancienne, quoiqu'il en dise... Il y a certes des pratiques qui remontent à une dizaine d'années. Mais plusieurs ne datent que de cinq ans et la population québécoise, si elle a la mémoire courte, ne doit pas être tenue pour acquise. M. Couillard a lui-même fait partie du cabinet de Jean Charest. Ministre de la Santé, il était lui-même tenu par le whip Norman MacMillan et le Parti libéral d'atteindre d'ambitieuses cibles de financement en participant à des collectes de fonds. Il y côtoyait le récent démissionnaire Sam Hamad qui n'a visiblement pas compris le message de son premier ministre au plan de l'éthique. Il a multiplié les contacts avec Marc-Yvan Côté qu'il savait toxique. 

Malgré tout, Philippe Couillard et le PLQ se maintenaient toujours en tête dans les sondages d'opinion auprès des Québécois. Dans une région acquise aux libéraux comme l'Outaouais, cela se comprendrait. Mais à la grandeur du Québec? 

Au lieu de parler de la force des libéraux, parlons plutôt de leur résilience... et de la faiblesse des partis d'opposition. Le message de la Coalition avenir Québec ne convainc pas plus du quart de la population et celui du Parti québécois est encore en rodage après trois chefs en trois ans. 

N'empêche que tout ce grenouillage embrouille la relance de la marque libérale que Philippe Couillard tente de faire. Il a dirigé un Québec qui a assaini ses finances publiques par l'application de sévères mesures d'austérité, bien qu'il s'en défende. Les structures publiques et sociales, en santé et développement économique notamment, ont été profondément bouleversées. Depuis un an que son gouvernement tente de tourner la page sur ces deux années de restructuration, il n'y arrive pas. Hier, il a même blâmé les médias, à l'instar de Donald Trump ! Son cabinet est muni de portes tournantes. Le réseau de la santé n'affiche que trop peu de victoires. En Outaouais, l'accès à un médecin et l'attente à l'urgence demeurent problématiques. Le système de justice, dirigé par la ministre Stéphanie Vallée, multiplie les manchettes des délais indus, l'arrêt Jordan envenimant le tout en remettant en liberté des accusés de crimes graves. 

Philippe Couillard peut souffler que le ciel ne lui soit pas encore tombé sur la tête compte tenu de toutes les mauvaises nouvelles au Québec ! Et il a la chance d'avoir encore 18 mois avant d'affronter




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