De cruciales éliminatoires

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Le propriétaire des Sénateurs, Eugene Melnyk

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ÉDITORIAL / La Ligue nationale de hockey entame sa « vraie » saison, celle qui compte, celle qui mène à la coupe Stanley. Symbole de la suprématie de ce sport, 16 équipes sont en lice... dont les Sénateurs d'Ottawa. Il s'agit à la fois d'une chance et d'une opportunité de prétendre au précieux trophée. Et pour le propriétaire Eugene Melnyk de renflouer les coffres de son club.

Les contrats de la LNH sont payables en saison régulière seulement. Certains joueurs négocient des bonis pour les séries, mais c'est l'exception. Comme les salaires des joueurs sont la plus importante dépense du club, l'essentiel des revenus en séries éliminatoires se métamorphosent en profits pour le propriétaire. Chaque match représente un profit net de quelques millions de dollars.

Nous n'avons pas de données précises sur les finances de chaque équipe : ce sont des entreprises privées qui ne sont pas tenues de dévoiler leurs états financiers. Dans le cas d'Ottawa, où les matches à guichets fermés ont été l'exception plutôt que la norme en 2016-2017, cela signifie que les profits pendant les séries éliminatoires effacent en tout ou en partie les dettes encoures pendant la saison régulière. 

Et M.Melnyk a besoin de ces revenus et de ces profits !

Lorsqu'il a acheté l'équipe pour 160 millions $ en 2004 (incluant le Centre Canadian Tire), il nageait dans l'argent. L'entreprise Biovail, qu'il avait fondée, accumulait des millions en modifiant des médicaments dont les brevets étaient échus pour en ralentir les effets curatifs. Aujourd'hui, ces médicaments à effets prolongés sont monnaie courante, mais à l'époque, la technique était assez novatrice. Cela avait fait d'Eugene Melnyk un milliardaire avant 40 ans. Lorsqu'il contemplait l'achat des Sénateurs, en 2003, il avait même confié au quotidien National Post : « Je n'aurais pas besoin que le club de hockey génère un profit -- ce n'est pas la raison pour laquelle je songe à l'acheter. »

Biovail a connu des difficultés par la suite et les finances de M. Melnyk en ont grandement souffert. S'il est encore milliardaire, c'est probablement que sur papier car la valeur des franchises de la LNH a explosé depuis. Ses Sénateurs vaudraient environ 350 millions $ US selon le dernier classement du magazine Forbes. 

Depuis quelques années, M. Melnyk camoufle mal que les déficits qui le dérangeaient pas en 2003 l'affectent grandement aujourd'hui. En 2015, il a admis qu'un club de la LNH ne peut survivre que de ses revenus aux guichets, de concessions et de publicité. « Nous essayons depuis 13 ans, a-t-il lancé, et il n'y a pas de formule magique. »

Le directeur des ventes Peter O'Leary a été congédié en décembre et une récente poursuite pour bris de contrat contre le club contient de sérieuses allégations d'abus révélant le stress mis par M. Melnyk sur la vente des billets. Clairement, la baisse de revenus aux guichets l'irrite.

De là son intérêt pour la construction d'un nouvel amphithéâtre sur les plaines LeBreton, plus près des amateurs francophones qui ont fourni trois des joueurs locaux en Derik Brassard, Marc Méthot et Jean-Gabriel Pageau.

Aujourd'hui, les Sénateurs entament leurs cinquièmes éliminatoires en neuf ans. Le club semble plus prêt que jamais au cours de la dernière décennie. Autour du défenseur Erik Karlsson et quelques vétérans se retrouvent une bande équilibrée d'assez jeunes joueurs méconnus, soudés par leur nouvel entraîneur Guy Boucher. Toute la communauté leur souhaite du succès !




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