Un réseau à la manière Barrette

Le dévouement de Jean Hébert ne fait aucun... (Patrick Woodbury, Le Droit)

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Le dévouement de Jean Hébert ne fait aucun doute, mais ne va pas au-delà des objectifs établis par les «directives ministérielles».

Patrick Woodbury, Le Droit

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ÉDITORIAL / Il y a peu de régions du Québec où la réforme du réseau de la santé mise de l'avant par Gaétan Barrette est aussi évidente qu'en Outaouais.

Les contestations, les appels au gouvernement du Québec, les sorties publiques des dirigeants locaux du réseau de la santé, tout cela a été balayé sous le tapis avec les réformes du ministre Barrette. Partout où la chose était possible, les plaignants ont été remplacés ou tassés à la faveur de cadres et de gens qui sont totalement à la solde de ses méthodes centralisatrices.

Le conseil d'administration de ce qui était l'Agence des soins de santé et ses dirigeants répondent maintenant à un seul maître, le ministère québécois de la Santé et des Services sociaux, dirigé par M. Barrette.

Tout cela a paru plus évident que jamais lors d'une rencontre éditoriale qui marquait le second anniversaire de l'entrée en poste de Jean Hébert, le patron du Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais, la semaine dernière. 

Même s'il est issu du milieu du développement économique plutôt que de la santé, la compétence de M. Hébert ne fait aucun doute. Encore moins son dévouement à la fois à la santé de la population outaouaise et à ses patrons du ministère, à Québec. Quelques minutes suffisent à convaincre quiconque que le patron du CISSSO explore tous les moyens et actionne tous les leviers à sa disposition qui, à terme, favoriseront de meilleurs services aux citoyens. Deux nouvelles chambres de naissance par césarienne, la nouvelle faculté satellite de médecine, la formation des cadres pour offrir un meilleur milieu de travail au personnel soignant, tout ça ne sont que quelques-unes des initiatives qui sont mises en oeuvre pour améliorer quelques dizaines d'indicateurs de la santé en Outaouais. Ces données statistiques sont suivies de près car elles démontrent noir sur blanc, aux yeux de M. Hébert et de son équipe de cadres, que la situation s'améliore en Outaouais, malgré quelques manchettes qui semblent illustrer le contraire.

Mais Jean Hébert ne regarde pas au-delà du coffre à outils que lui offre le ministère de la Santé. Nous ne sommes pas ici en présence d'un administrateur doublé d'un visionnaire de la santé en Outaouais pour 2025. Il cherche simplement à atteindre ses objectifs parmi lesquels on retrouve bien haut celui de satisfaire aux « directives ministérielles » de Gaétan Barrette. Il les brandit constamment comme parole d'Évangile. Mais il ne lit pas entre les lignes, ni n'essaie d'imaginer un nouveau chapitre. 

D'ailleurs, il relève directement de Québec et pas du conseil d'administration du CISSSO, technicalité administrative tout de même révélatrice. 

En émasculant toutes les voix potentiellement contestatrices, le ministre Barrette s'est assuré que ses ordres seront suivis à la lettre en Outaouais comme dans chacun des 21 autres CISSS du Québec. 

Pendant des années sous le gouvernement Charest, les problèmes du réseau de santé en Outaouais ont défrayé les manchettes. Les bris de services, les temps d'attente, le sous-financement ont fait l'objet de plaintes administratives, de reportages éclaboussants, d'appels publics à davantage d'argent, de personnel et de mesures pour soulager l'impatience des malades de l'Outaouais. Avec ses réformes administratives et les gestionnaires qu'il a mis en place, Gaétan Barrette veut entre autres museler l'Outaouais tout en améliorant la livraison des soins de santé. Il reste à voir s'il gagnera son pari. Rien n'est encore certain.




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