Fortier prend le relais

Après 82 années de représentation libérale, avec un gouvernement libéral qui... (Simon Séguin-Bertrand, Le Droit)

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Simon Séguin-Bertrand, Le Droit

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Après 82 années de représentation libérale, avec un gouvernement libéral qui jouit encore de forts appuis localement et nationalement, la victoire de Mona Fortier dans le château fort d'Ottawa-Vanier a-t-il fait l'objet d'un doute au cours des derniers mois ?

Le fantôme de Mauril Bélanger, décédé des suites d'une tragique maladie dégénérative, l'été dernier, a sans doute contribué à perpétuer le régime libéral dans cette circonscription du centre-est d'Ottawa.

Mme Fortier n'a rien tenu pour acquis au cours de cette élection partielle. Aussitôt qu'elle a remporté l'investiture libérale, elle ne s'est permis aucun repos et a repris le rythme de campagne. Énergique, souhaitons qu'elle démontrera cette même qualité comme députée.

Elle a pris le relais de M. Bélanger de belle façon. 

Pour plusieurs, sa victoire n'a pas fait l'objet de bien des doutes. 

Mais pas pour tout le monde. 

Depuis leur victoire électorale du 19 octobre 2015, les libéraux de Justin Trudeau ont présenté deux budgets beaucoup plus déficitaires que ce qu'ils avaient promis. Ils ont bafoué leur promesse de réformer le mode de scrutin. Cet engagement n'a pas été retardé, simplement abandonné comme une vieille guenille souillée. 

D'autres leur reprochent leur appui aux oléoducs, au détriment de leur engagement à lutter contre les changements climatiques. Quelles sont les vraies valeurs des libéraux ?, certains se questionnent avec justesse. Ont-ils des principes en lesquels ils croient, ou les sacrifient-ils au plus offrant ?

Le résultat dans Ottawa-Vanier a été imité dans les deux autres circonscriptions de Saint-Laurent et Markham-Thornhill où les libéraux ont aussi compté sur de solides victoires. À Calgary, les deux comtés tenus par Stephen Harper et Jason Kenney ont réélu des conservateurs. 

La rivale néo-démocrate Émilie Taman a travaillé fort, sans doute autant que lors de sa première campagne en 2015. Elle avait été confrontée à un certain vent de face que représentait la vague d'amour incarnée par Justin Trudeau. Elle n'avait récolté que 19 % des voix, contre 55 % pour Mauril Bélanger.

Au moment de mettre sous presse, Mme Taman avait réuni environ 30 % des voix, contre les 52 % de Mona Fortier.

Le candidat conservateur Adrian Papara a souffert de son unilinguisme anglophone tout au long de la campagne, s'absentant de quelques débats publics. Cela a paru dans l'urne avec à peine 15 % des voix, un recul de 4 % en deux ans.

L'histoire se perpétue donc. Mona Fortier conserve aux libéraux cette circonscription créée en 1935. Avec une différence : elle est la première femme en 82 ans à la représenter à la Chambre des communes.

Même si Ottawa-Vanier ne compte plus une majorité d'électeurs francophones depuis longtemps, la question d'Ottawa, capitale bilingue s'avère la principale tâche qui incombera à Mona Fortier. Avant de se lancer en politique, elle était l'une des piliers du mouvement Ottawa bilingue. Aujourd'hui, elle se trouve avec la responsabilité de piloter le dossier entre Ottawa et le gouvernement libéral. Le premier ministre Trudeau n'a semblé ni comprendre ni vouloir s'immiscer dans le débat qui implique la capitale et le gouvernement de l'Ontario. Mona Fortier aura l'ingrat boulot, malgré son inexpérience et sa jeunesse relative en politique fédérale, de faire débloquer tout cela. Bref, le feu roulant dans lequel elle est plongée depuis l'investiture ne ralentira pas maintenant qu'elle est députée.




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