Double discours de sourds

Le président de la STO, Gilles Carpentier... (Etienne Ranger, Archives Le Droit)

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Le président de la STO, Gilles Carpentier

Etienne Ranger, Archives Le Droit

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ÉDITORIAL / Cela fait deux ans que la Société de transport de l'Outaouais discute d'un nouveau contrat de travail avec ses 600 chauffeurs et employés d'entretien. Sans succès. Si les sorties publiques des deux parties sont fidèles à ce qui a été rapporté mardi, nous assistons à un véritable discours de sourds des deux côtés de la table de négociations.

Dans leurs arguments, les deux parties dans le conflit ont témoigné d'une mauvaise foi évidente, abusant de raccourcis et de démonstrations boiteuses, gonflant les coûts d'un côté et utilisant des comparaisons inégales de l'autre. 

Ne tentons pas de savoir qui a été le plus malhonnête intellectuellement en premier. Constatons simplement que l'ampleur du fossé qui sépare employeur et employés est encore si profonde que l'on peine à voir quand il pourrait être comblé. Car la principale matière de remplissage dans un tel dossier, c'est de la bonne foi et ici, elle est en rupture de stock.

Le conseiller municipal Gilles Carpentier agit comme président de la STO. Il a joué à l'épouvantail en lançant en l'air que « si la STO accepte ça (l'augmentation souhaitée par les chauffeurs), le compte de taxes des citoyens va augmenter de 2,7 %. » Quand on les connaît si chatouilleux pour des impôts fonciers qui dépassent l'Indice des prix à la consommation, c'est une bombe dans l'opinion publique que laisser croire à une hausse de taxes de 2,7 % juste pour payer un seul groupe d'employés para-municipaux. Une alternative aux taxes municipales ? Le laissez-passer mensuel. La facture représente une majoration de 95 à 130 $, menace M. Carpentier.

Comme si ces usagers étaient les seuls à porter l'ampleur d'une hausse.

Évidemment, ce n'est pas le cas. Quand il y aura un manque à gagner du côté de la STO, elle examinera toutes les sources de revenus, pas qu'une seule.

Mais quand on veut faire peur au monde, on s'y prend comme M. Carpentier. 

Ce n'est pas plus lumineux du côté des syndiqués. 

À première vue, il paraît logique que de suivre une certaine parité avec des gens qui font le même travail que nous. Évidemment, on se compare avec ceux qui gagnent plus. Sans regarder tout le reste. On exige le même salaire qu'OC Transpo. On choisit d'ignorer le coût de la vie à Ottawa. Ou les facteurs d'équivalence du régime de retraite, ou des assurances collectives. Et si la capacité de payer des Ottaviens était plus forte ? Parce qu'ils payent plus de taxes municipales, entre autres ?

Les chauffeurs demandent aussi la parité d'augmentation avec leurs collègues employés de bureau. Mais 2,5 % de salaire de plus pour 600 personnes, ça coûte pas mal plus cher que pour les 85 qui travaillent sur la rue Jean-Proulx. Encore là, le syndicat ne s'enfarge pas dans l'historique de négociation des bureaux, véritables fleurs dans le tapis. Il ne veut que remporter la guerre de l'opinion publique.

Dans ce litige ouvrier, une seule conclusion se dessine : le contribuable paiera la note. Ça viendra directement de ses taxes municipales. Soit que la STO aura acheté la paix, soit que l'usager aura déserté le réseau de transport en commun après une hausse de tarifs, ou une combinaison de ces facteurs... Mais cette évidence, ni le syndicat ni le président de la STO ne veulent trop en parler pour le moment.




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