En finir avec «la morne Ottawa»

Ottawa réussira-t-elle à se défaire de sa réputation... (Etienne Ranger, archives Le Droit)

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Ottawa réussira-t-elle à se défaire de sa réputation de ville morne en cette année de célébrations?

Etienne Ranger, archives Le Droit

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ÉDITORIAL / Ottawa ne perd rien pour attendre : les festivités du 150e anniversaire de la confédération canadienne, modestes en ce début d'année jubilaire, offriront à la population locale, et à tous ceux qui y jetteront un coup d'oeil, une capitale radicalement différente. « La morne Ottawa », voilà ce que les autorités municipales entendent définitivement mettre au rancart.

À Ottawa, le plaisir s'est trop longtemps limité à un fonctionnaire qui reçoit un nouveau dévidoir à ruban gommé, ou à un autobus qui arrive à l'heure. Comme si c'était suffisant pour se réjouir ! Imaginez la perception des Canadiens d'ailleurs : les gens de la région de la capitale se complaisent dans leur routine, sont allergiques au changement et parfaitement heureux que la quiétude retombe sur la ville sur le coup de 22 h

Pas le genre d'endroit qui fait rêver pour avoir de l'agrément.

À Ottawa, cela fait quatre ans que Guy Laflamme, sous l'oeil approbateur du maire Jim Watson, planifie ces célébrations. C'est l'anniversaire de tout un pays, évidemment, mais nulle part plus que dans sa capitale devrait-on autant sentir la vibration d'une fête historique.

En France, iriez-vous à Clermont-Ferrand ou à Lille pour célébrer le 14 juillet ? En Angleterre, choisiriez-vous Liverpool plutôt que Londres pour apprécier un jubilé de la reine Elizabeth ? En Russie, pourquoi préférerait-on Krasnoiarsk à la place Rouge à Moscou pour rappeler la Révolution russe ?

Après un mois dans l'année, les célébrations du 150e sont encore bien peu perceptibles. Il y a bien eu une fête de la Saint-Sylvestre, le 31 décembre dernier, hors de l'ordinaire pour accueillir la nouvelle année, mais depuis, c'est assez calme. Quelques compétitions sportives, mais un championnat de patinage artistique, Ottawa en a déjà accueilli plusieurs. C'est bien, mais rien de renversant. Rien de «grandiose, audacieux et immersif » comme le claironnent les publicités d'Ottawa 2017. 

Et puis, le battage publicitaire autour du 375e anniversaire de Montréal occupe bien de la place dans l'espace francophone. 

Mais nous ne perdons rien pour attendre, jure M. Laflamme. 

Dès le mois de mars, la descente casse-cou en patins, le Red Bull Crashed Ice, amorcera une période faste. Suivront des célébrations autour de la coupe Stanley, puis les prix Juno, en art musical. 

Le retour de la saison chaude signalera l'arrivée d'activités qui marqueront ce qui devrait être un été mémorable. Présentation multimédia dans une des futures stations du train léger, expositions et prestations dans des conteneurs sur la rue York, sans parler de tout le branle-bas autour de la Fête du Canada, le 1er juillet.

Pour le moment, nous devons croire MM. Laflamme et Watson sur parole. Donnons-leur le bénéfice du doute. 

Ils ont bien entendu, par ailleurs, l'importance que cet anniversaire célébré à Ottawa laisse aussi des legs concrets et pérennes la population locale et les visiteurs. Car c'est toujours le défi des grandes organisations d'événements : une fois les participants repartis, le tintamarre cessé, que reste-t-il ? Expo 67, les Jeux olympiques à Montréal, Calgary et Vancouver, le centenaire de 1967, voilà des moments charnières qui ont eu plus ou moins de succès à s'insérer dans le tissu urbain au-delà de la fête proprement dite. Après Ottawa 2017, la vie reprendra son cours normal. L'inauguration du train léger doit ponctuer 2018, et ses perspectives de développement urbain sont immenses. Mais il faut éviter de retomber dans la routine et de retrouver... « la morne Ottawa ».

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