Les trois défis des Sénateurs

Tom Anselmi... (Patrick Woodbury, archives Le Droit)

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Tom Anselmi

Patrick Woodbury, archives Le Droit

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ÉDITORIAL / Les Sénateurs d'Ottawa ont nommé un nouveau président en Tom Anselmi, mardi. Homme d'expérience qui a déjà présidé la société-mère des Maple Leafs de Toronto, il n'est pas certain qu'il perçoit les trois défis qui se dressent devant lui.

Officiellement, M. Anselmi a été recruté pour superviser la construction d'un nouvel amphithéâtre au sein d'un immense projet immobilier et de revitalisation urbaine sur les plaines LeBreton. C'est ce que laisse croire Eugene Melnyk, le propriétaire des Sénateurs d'Ottawa. 

Cyril Leeder avait pourtant piloté la construction du Centre Canadian Tire, dans les années 1990. Mais s'il a été limogé cette semaine, c'est que le prochain chantier est beaucoup plus grand selon M. Melnkyk. « Une affaire de "4 à 5 milliards $. Un projet massif, mais vraiment massif, une mini-ville.

'Pour mener à bien un projet de cette magnitude, il nous fallait un homme d'expérience. Je crois que Tom possède toutes les qualités requises', a-t-il lancé. Nous verrons bien.

Le second défi est encore plus pressant : il faut attirer plus de spectateurs. À chaque match, ce sont 3000 à 4000 personnes qui ne sont plus au rendez-vous. Sur une année, avec tous les autres revenus que les fans génèrent pour l'équipe (repas, stationnements, souvenirs, etc.), ce sont 10 à 15 millions $ que M. Melnyk a vu disparaître. Comme le prochain amphithéâtre n'ouvrira pas ses portes avant 2021, 2022, c'est potentiellement 60 à 100 millions $ de revenus que le propriétaire voudra retrouver. Car ce n'est plus un secret pour personne : Eugene Melnyk n'est plus aussi riche qu'avant. Une chance qu'un nouveau contrat de télévision l'aide à boucler les fins de mois.

Rebâtir la base de supporters des Sénateurs s'avérera plus difficile que construire une patinoire. Le club de hockey ne génère plus le même intérêt qu'avant. Au milieu des années 2000, Ottawa comptait sur une équipe dynamique et gagnante, pilotée par un Daniel Alfredsson qui incarnait le leadership sur la glace, dans le vestiaire... et dans la communauté. Depuis son départ, puis sa retraite, il n'a pas été remplacé. Erik Karlsson, le nouveau capitaine, est un athlète de grand talent mais il ne suscite pas le même intérêt à titre de leader. Le club a retrouvé le chemin de la victoire mais il manque encore quelques éléments pour l'amener au niveau des champions. Ça, ce sera à la direction hockey d'y voir, avec l'appui de MM. Anselmi et Melnyk.

Le troisième grand défi concerne M. Anselmi lui-même. Torontois, il doit vite apprendre les subtilités du marché biculturel d'Ottawa-Gatineau. À Toronto, le marché francophone est négligeable. Les fans des Maple Leafs sont si dévoués qu'ils endurent un club perdant depuis 50 ans et continuent de remplir les gradins. Dans la région de la capitale, séduire des fans de langue française signifie qu'il faut communiquer avec eux de manière différente qu'aux supporters anglophones. Souvent, il faut les détourner de leur allégeance traditionnelle au Canadien de Montréal. Pas un mince défi. Les Sénateurs ont mis des années à se convaincre qu'il valait la peine de faire des efforts particuliers pour parler aux francophones, les accueillir en français aux matches et événements, leur offrir des souvenirs en français, etc. Le succès du Rouge et Noir en fournit des preuves. Souhaitons que Tom Anselmi n'arrive pas avec des réflexes anglo-centristes. Voilà, c'est dit.

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