Des questions sans réponses

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Le directeur du Service de police de la Ville de Gatineau, Mario Harel

Etienne Ranger, Le Droit

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ÉDITORIAL / La population en a peu appris dans le rapport tant attendu de la Police de Gatineau sur les circonstances qui ont mené au meurtre de Thérèse Gauvreau, mercredi dernier. Les policiers ont mis 30 minutes pour se rendre sur les lieux du crime, après l'appel d'un voisin.

Pour la transparence, on repassera.

Et les Gatinois peuvent se demander s'ils sont en sécurité sur le territoire. Quoiqu'en disent le maire Maxime Pedneaud-Jobin et le chef de police Mario Harel.

Ce dernier, pas le plus doué pour parler clairement, s'est limité à dire que le préposé au service d'appels d'urgence 9-1-1 avait mal évalué la gravité de la communication. Il a été sanctionné sans fournir plus d'informations.

Il aurait pu divulguer la bande audio du 9-1-1. Quels facteurs auraient pu mener à cette mauvaise évaluation de l'employé? Où étaient les véhicules de police? Quelles sont les normes d'intervention, tant à Gatineau que dans d'autres corps policiers? 

Le chef Harel a promis un examen approfondi des procédures au cours des prochaines semaines. Voilà. Quand il en a eu assez, il a fermé son dossier, s'est levé et a par là signifié la fin de la période de questions.

C'est justement parce que c'est son propre service de police qui est en cause qu'une enquête externe est souhaitable, comme l'a exhorté la conseillère Louise Boudrias, dimanche. 

Il est de pratique courante, lorsqu'un policier se sert de son arme, de confier l'enquête à un autre corps policier. L'Ontario a même créé une Unité d'enquêtes spéciales pour s'assurer d'un processus vraiment indépendant, ce que le Québec est en train de mettre en place. Ici, aucun policier a agi de manière douteuse mais les procédures du service ont-elles été adéquates? Il faut s'en remettre au chef de police qui sera toujours biaisé quand viendra le temps d'évaluer le travail de son équipe. Aujourd'hui, il est acquis qu'une organisation n'est pas en mesure de faire enquête sur ses propres gestes. M. Harel est juge et partie; il veut faire la lumière sur ce qui est arrivé le 18 janvier, et en même temps, il doit protéger les membres de son équipe.

Le maire Pedneaud-Jobin est pour sa part responsable des conséquences politiques de cette affaire. Il avait émis un bref communiqué au sujet du drame, lundi. Hier, il a révélé qu'il était pourtant au courant depuis vendredi. Jamais n'est-il intervenu publiquement avant lundi.

Il a manqué de flair et de compassion. Dimanche, lors d'un marche à la mémoire de Mme Gauvreau, une dame bien connue dans la communauté, Mme Boudrias était sur les lieux... comme l'ex-maire Yves Ducharme. 

Certes, M. Pedneaud-Jobin ne peut être tenu responsable des bévues de ses 2000 employés. Mais il devrait se rappeler qu'une gaffe de son service d'urbanisme a pris beaucoup de place dans les deux premières années de son mandat. À l'inverse, il a profité d'une erreur de son prédécesseur Marc Bureau qui n'a pu jauger la grogne des usagers lors du lancement du Rapibus, en octobre 2013; il en a perdu la mairie. 

Les élus, comme tout le monde en fait, sont parfois jugés sur des détails. Mais des détails qui révèlent leur vraie nature. Tristement, il a fallu le meurtre de Thérèse Gauvreau pour que soient soulevées ces questions à l'aube d'une année électorale à Gatineau.

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