L'ère Trump

Le ton risque de changer à Washington avec... (Saul Loeb, AFP)

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Le ton risque de changer à Washington avec Donald Trump à la présidence.

Saul Loeb, AFP

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ÉDITORIAL / C'est enfin officiel : Donald Trump est maintenant président des États-Unis d'Amérique.

Plusieurs croient encore qu'il s'est lancé dans la course à l'investiture du Parti républicain un peu en boutade, presqu'un geste de provocation. Peut-être était-ce pour cette supposée humiliation de Barack Obama, lors d'un dîner officiel en 2011, parce que M. Trump, « Birther » suprême, refusait de croire que le président démocrate était bel et bien né à Hawaii. Hier, l'homme d'affaires a succédé à M. Obama.

Plusieurs croyaient qu'après avoir élu un président noir, les États-Unis étaient prêts à envoyer une femme au Bureau ovale. Si Hillary Clinton a remporté la course aux votes, elle a perdu des états baromètres qui se sont rangés derrière Donald Trump.

La défaite a été difficile à avaler pour des démocrates, surtout en raison du type de campagne électorale qu'a mené M. Trump.

On le savait imbu de sa personne - et il faut avoir une bonne dose d'orgueil pour briguer le plus haut poste d'un pays. Mais le promoteur immobilier de New York a outrepassé bien des normes pour atteindre son but. Il a réécrit le manuel de campagne électorale en s'attaquant à de grands pans de la population américaine. Les Mexicains n'étaient plus que des violeurs et des criminels, les musulmans étaient tous des suspects de terrorisme, les femmes, que des êtres sexuels dont on pouvait se servir. Au lieu d'additionner des votes, il les soustrayait en se les mettant à dos.

Et pourtant, le 8 novembre, il a remporté l'élection présidentielle.

C'est bel et bien vrai. Donald Trump, le narcissique homme d'affaires qui a marché sur les pieds de tant de gens pour devenir le promoteur qu'il a été, il a réussi le coup une autre fois. Il a marché sur plein d'autres pieds mais est tout de même devenu président des États-Unis.

Ses admirateurs implorent que le peuple américain et le monde entier lui donnent une chance de montrer ce dont il est capable.

Au plan économique, on voudra bien.

Par quelques bravades et menaces voilées de représailles économiques, il semble déjà avoir stoppé l'exode de quelques milliers d'emplois. Il veut aussi renverser la tendance à la mondialisation des marchés, tendance lourde depuis 30 à 40 ans. Peut-être le monde économique a-t-il trop pipé les dés en sa faveur avec ces accords de libre-échange.

Il est sûr que les multinationales qui en profitaient avaient fort peu de soucis pour les employés licenciés - et ceux de la Rust Belt américaine ont entendu le message d'espoir que portait Donald Trump.

Mais donner une chance au coureur, c'est aussi accepter que le droit à l'avortement pourrait reculer. Idem pour ceux des gais et lesbiennes qui ont enfin obtenu leur reconnaissance.

Donner une chance au coureur qu'est Trump, c'est rouvrir la porte au gaz de schiste, au charbon et tourner le dos au Protocole de Paris.

C'est rouvrir le commerce des armes aux États-Unis, où les tueries n'émeuvent plus que temporairement.

C'est donner libre cours à un monde où les faits cèdent le pas aux « post-vérités » et où la fin justifie les moyens.

Au-delà de la relance économique que l'on se souhaite tous, particulièrement ceux qui ont été bafoués par la Révolution technologique, voilà aussi ce que veut aussi dire l'ère Trump. Souhaitons-nous tous bonne chance.

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